Huile essentielle de Gingembre

Dénomination latine :

  • Zingiber officinalis

Famille botanique :

  • Zingiberaceae

Organe producteur :

  • Rhizomes

Propriétés :

  • Tonique digestive, carminative et stomachique
    • Surtout en partie haute, de la bouche à l’estomac (α-zingibérène = anti ulcéreux)
    • Cicatrisante digestive active sur la muqueuse du gros intestin
    • Provoque l’expulsion des gaz intestinaux
    • Apéritive et digestive (stimule la sécrétion gastrique et le péristaltisme intestinal)
    • Augmente l’activité des enzymes digestives (maltases, lipases, saccharases, entre autres, mais aussi trypsines et chymotrypsines intestinales)
    • Active la microcirculation digestive
  • Tonique sexuelle, aphrodisiaque
  • Antalgique
  • Active sur les séreuses
  • Anti catarrhale, expectorante
  • Active sur SNA Ʃ+
  • Anti vomitive
  • Antimicrobienne (freine la réplication des virus responsables du rhume et de l’herpès)
  • Insecticide
  • Anti-inflammatoire par voie topique
  • Antifongique
  • Immunostimulante, s’oppose à l’immunosuppression
  • Antiulcéreuse
  • Sédative sans activité anxiolytique, de fortes doses d’huile essentielle de gingembre chez la souris induisent des altérations du comportement et de la mémoire en raison d’une activité antagoniste sur le système cholinergique muscarinique central
  • Antispasmodique, antitussive et expectorante
  • Propriétés anticancéreuses, induit une apoptose, l’activation des caspases et une fragmentation de l’ADN nucléosomique dans des cellules SiHa, cytotoxique sur cellules de neuroblastome N2a-NBs

Indications :

  • Dyspepsies, flatulences, indigestions
  • Constipation
  • Andropause, impuissance
  • Abcès dentaires, odontalgies
  • Tendinites
  • Bronchite
  • Nausées post-opératoires (accélère le passage des aliments de l’estomac vers l’intestin)
  • Ulcère de l’estomac, gastrite
  • Vomissement, colite
  • Infection virale et broncho-pulmonaire
  • Candidose cutanée et digestive
  • Aérophagie, météorisme, constipation, anorexie, inappétence
  • L’huile essentielle semble efficace dans les nausées post-opératoires, mais les preuves de l’efficacité de l’inhalation de l’H.E de gingembre dans les nausées dues à la chimiothérapie ne sont pas suffisamment convaincantes
  • Arthrite, arthrose, rhumatismes (genoux) par voie locale, fatigue musculaire, lombalgies (en massage), douleurs musculaires et articulaires
  • Asthénie cérébrale et manque de sensibilité
  • Alopécie, impuissance masculine, frigidité
  • Toux, sinusite, catarrhe chronique
  • Pourrait être utilisé comme accompagnement des chimiothérapies du cancer

Précautions d’emploi :

  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Interactions médicamenteuses avec les huiles essentielles contenant des cétones ou des phénols à plus de 10 %
  • Interdite aux animaux
  • Éviter en cas de lithiases biliaires
  • Induction modérée du CYP 3A4, 2C19, 2D6, 1A2, et de la P-gP
  • Interactions potentielles avec les anticoagulants (risque d’hémorragie par inhibition de l’agrégation plaquettaire)
  • Inhibition de l’agrégation plaquettaire par inhibition de la thromboxane synthase (in vitro)
  • Risque d’interactions avec la warfarine
  • Inhibition de l’effet de de la ranitidine en raison de propriétés mucoadhésives des extraits de Curcuma longa et de curcumine
  • Sensibilisation de type allergique possible
  • Irritation cutanée (dermocaustique) possible de l’huile essentielle à l’état pur
  • Ne pas diffuser, ni inhaler (risque d’irritation occulaire)
  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 8 ans

Composants principaux majoritaires :

  • Sesquiterpènes 70 % : α-zingibérène (30-40 %), β-sesquiphellandrène 10 %

Un peu d’histoire :

Prisé depuis des temps reculés, on pensait au Moyen-Âge qu’il venait du jardin d’Eden.

Le gingembre est cultivé comme épice et condiment dans tous les pays tropicaux, Jamaïque, Inde, Chine, Antilles, Australie, etc. Il fait partie de l’alcoolat de Fioravanti et entre aussi dans la composition de certaines bières (ginger-ale).

Le nom botanique Zingiber proviendrait du mot sanskrit shringavera, qui signifie « en forme de bois de cerf », en allusion à la forme des jeunes pousses sortant de son rhizome.

Le gingembre est une épice et une drogue des plus estimées, et cultivée depuis l’Antiquité aux Philippines. Son utilisation est déjà mentionnée dans les plus vieux écrits chinois et sanskrits. Elle n’échappa pas aux Grecs et aux Romains anciens.

On le connaît en Europe depuis le XIe siècle, puis il tombe dans l’oubli vers le XVIIIe siècle avant de revenir actuellement en force, à la faveur de l’engouement pour la cuisine traditionnelle asiatique.

Au Sénégal, les femmes fabriquent des ceintures avec des tubercules de gingembre, ce qui aurait pour effet également de réveiller les sens endormis de leur époux (Capus et Bois).

Les Hindous lui donnent 3 noms différents : « sunthi » pour la plante, « nagara » pour le rhizome frais et « ardraka » pour le rhizome séché. Pour eux, c’est la plante fondamentale, la médecine ayurvédique considérant le gingembre comme le « wiswabhesaj » = « remède universeil ».

Le gingembre était déjà cultivé en Inde avant l’apparition de l’écriture. Les premiers textes chinois le mentionnent en 400 av. J-C. Il y a 2000 ans, la médecine chinoise le recommandait dans le traitement de la toux et des affections respiratoires. Aujourd’hui, la pharmacopée chinoise lui reconnaît une action contre les vomissements, les refroidissements, les gastralgies et la toux grasse. En médecine indienne, il est considéré comme fortifiant de la mémoire, aphrodisiaque, digestif et carminatif. Il est aussi recommandé dans le traitement préventif de la migraine. La médecine arabe a retenu le traitement des troubles sexuels et les effets aphrodisiaques.

Au XVIIe siècle, on soulageait les douleurs dentaires en massant les gencives avec de l’huile essentielle et en introduisant un coton imbibé dans les dents cariées. La décoction est aussi prise en bain de bouche pour des indications similaires.

Valnet (XXe siècle) recommande l’huile essentielle dans les digestions difficiles, les diarrhées, la prévention des maladies contagieuses et l’impuissance et, en application locale, contre les douleurs rhumatismales.

Son huile essentielle sert à aromatiser des boissons et entre dans la composition de parfums.

Le gingembre, de son nom scientifique Zingiber Officinale, est une plante appartenant à la famille des Zingiberaceae et originaire d’Inde. À l’origine, les marchands arabes l’appelaient Zenj. Ce mot servait également à désigner les habitants de la côte orientale de l’Afrique où ils allaient s’approvisionner. 

Des manuscrits datant de plus de 3 500 ans mentionnent son nom. Mais les historiens estiment que son utilisation remonterait à plus de 5 000 ans. Dans la médecine traditionnelle chinoise, le gingembre était un remède associé au traitement de maladies provoquées par une augmentation du Yin qui est un élément associé au froid et à l’humidité. En Europe, le gingembre était particulièrement apprécié de civilisations telles que les Grecs et les Romains. Cette épice, qui au Moyen-âge était considérée comme magique et aphrodisiaque, trouvait facilement sa place sur des tables aussi prestigieuses que celle du roi Henri VIII.

Le commerce du gingembre était déjà florissant sous l’Empire romain.

Au Tibet, il vient en aide aux convalescents, la médecine ayurvédique le préconise pour soulager les articulations et les muscles douloureux. C’est très certainement pour ces raisons qu’on a vu dans la main de gingembre, noueuse, jaune et aromatique, une panacée à l’instar du ginseng. C’est une plante de l’énergie vitale, aussi bien physique que psychique, elle a une place de choix à côté de la cannelle et du clou de girofle.

Comme eux, le gingembre est diffusé sur l’ensemble du pourtour méditerranéen, chez les Égyptiens, les Grecs et les Romains. De l’Antiquité au Moyen Âge, il sera considéré comme un must. Dès le IXe siècle, le gingembre se propage en Europe occidentale et s’y installe durablement. Il devient une épice fort appréciée qui, bien qu’importée en grandes quantités, reste relativement onéreuse, car destinée aux nantis de l’époque. Sur les tables ou dans le cabinet du médecin médiéval, le gingembre est partout. Il a une telle réputation qu’on dit même qu’il pourrait venir à bout de la peste. Même si ce n’est pas le cas, l’homme désespéré par les épidémies peut tout à fait avoir entrevu une forme de salut à travers ces gros rhizomes charnus.

Hildegarde de Bingen accorde intérêt au gingembre. En synergie avec d’autres plantes, elle soignait constipation et sinusite. D’un point de vue culinaire, le Viandier de Taillevent (XIVe siècle) donnera à
la poudre zinzibérine une place d’honneur , ce qui fait qu’il restera courant en cuisine jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, avant d’être progressivement abandonné au profit du poivre qui détrône le gingembre des tables françaises. Ce n’est pas le cas en Allemagne ou dans les pays anglo-saxons qui continueront de l’employer en l’intégrant dans de nombreuses préparations. En Angleterre, sa présence est si forte que le nom anglais du gingembre, ginger, est devenu un prénom !

Au XIIIe siècle, Marco Polo se trouvait sur la côte de Kérala, en Inde. Il a sans doute été le premier Occidental à contempler le gingembre sur pied. Constitué de rhizomes noueux desquels émergent des tiges droites et feuillues, il ressemble fortement à son cousin le curcuma.

Ayant quitté sa région natale depuis fort longtemps, on trouve aujourd’hui notre gingembre un peu partout dans le monde, dès lors qu’un climat tropical en rend favorable la culture. Bien sûr, nous avons l’Inde et la Chine qui forment le berceau du gingembre, mais aussi les Philippines, l’Australie, puis vers l’ouest, Madagascar, le Bénin, la Côte-d’Ivoire… Des viviers américains existent également dans les Antilles. Il va sans dire que ces différents terroirs forment des huiles essentielles bien différentes les unes des autres. 


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