Huile essentielle de Camomille matricaire

Dénomination latine :

  • Chamomilla recutita L.

Famille botanique :

  • Asteracea

Organes producteurs :

  • Parties aérienne fleuries

Propriétés :

  • Antalgique
    • Antirhumatismale
  • Antiprurigineuse
  • Antiallergique
  • Sédative et calmante
  • Pré anesthésiante
  • Stimule la digestion
  • Hormon-like (œstrogen-like emménagogue)
  • Antibactérienne (Staphylococcus), antifongique (Candida)
  • Stomachique
  • Anti-inflammatoire, activité antiœdémateuse, anti hyperalgésique
  • Cicatrisante
  • Antispasmodique
  • Psychostimulante
  • Antibactérienne vis-à-vis d’Helicobacter pylori, inhibe la production d’uréase par Helicobacter pylori
  • Antivirale vis-à-vis d’Herpes virus, même sur des virus résistants à l’acyclovir
  • Antiparasitaire, anti-anisakiase (zoonose causée par l’ingestion de larves de nématodes dans des produits alimentaires à base de fruits de mer crus tels que sushi, sashimi, etc.) qui provoque douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées

Indications :

  • Hernie discale
  • Élongation musculaire
  • Rhumatisme articulaire aiguë
  • Asthme, rhinite, eczéma cutané
  • Dysménorrhées, aménorrhées
  • Dermatoses, plaies infectées, eczéma, ulcères
  • Dyspepsies, ulcères gastroduodénaux
  • Prurit cutané

Précautions d’emploi :

  • Interactions médicamenteuses avec les huiles essentielles contenant des cétones ou des phénols à plus de 10 %
  • Interdite aux animaux
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Réservée à l’adulte ou aux adolescents pubères
  • Œstrogen-like (prudence dans les pathologies ou antécédents hormonodépendants)
  • Ne pas associer avec un traitement ostrogénique (y compris les estroprogestatifs)
  • Interactions potentielles de la plante avec la warfarine
  • Interactions médicamenteuses possibles de l’huile essentielle avec des médicaments dont la voie d’élimination s’effectue principalement via les cytochromes

Composants principaux majoritaires :

  • Sesquiterpènes : β-farnesène 40 %, chamazulène (5-8 %)
  • Sesquiterpénols 8 % : α-bisabolol

Un peu d’histoire :

D’autorité, le docteur Cazin nous informe qu’on « doit rapporter à cette plante tout ce qu’on trouve dans les anciens sur la camomille. Cette plante tire son nom du latin matrix, faisant bien évidemment référence à la matrice féminine. La matricaire est donc une autre plante de la femme (et pas seulement de la mater, la mère).

D’ailleurs, le Dictionnaire botanique et pharmaceutique de 1716 n’écrit-il pas que « son principal usage est pour les maladies froides et venteuses de la matrice » ? Simon Paulli (1603-1680) n’indique-t-il pas la matricaire, associée à la camomille romaine et à l’armoise vulgaire, pour les femmes sujettes aux vapeurs ?

Bien avant cela, Dioscoride évoquait les propriétés emménagogues d’une plante s’apparentant à la matricaire. Mais le parthenion de Dioscoride ne s’attache pas qu’à la sphère gynécologique, loin s’en faut.

En relation avec ses propriétés vésico-rénales, il est diurétique, élimine les calculs. Cholagogue, il intervient sur certaines affections du foie. Un siècle plus tard, Galien met à profit la matricaire dans les algies et les fièvres. Il faut dire que cette plante est fébrifuge, et c’est avec raison qu’elle est nommée febrifuga dans le Capitulaire de Villis. Febrifuga, ça veut dire qu’elle chasse la fièvre. Et la matricaire s’y connaît pour repousser tout type de choses, un aspect que les anciens Égyptiens n’omirent pas de lui concéder, consacrant cette plante au dieu Soleil.

Ce qu’écarte la matricaire, c’est essentiellement la vermine, les poux, les mites, ainsi que d’autres insectes encore. Elle éloigne aussi les miasmes de la mort, à tel point qu’une chair avancée dans la putréfaction en perd l’odeur à son contact.

Au Moyen-Âge, on croit retrouver la matricaire dans les écrits d’Hildegarde de Bingen. Ce n’est probablement pas de là qu’on a appelé la matricaire « camomille allemande ». Le capitulaire carolingien y est peut-être pour quelque chose, mais vue l’étendue de l’empire de Charlemagne aux VIIIe – IXe siècles, il est permis d’en douter : il est bien plus vaste que l’Allemagne actuelle.

La matricaire, très cultivée en Allemagne et en Europe de l’Est, l’est aussi dans les Balkans et en Égypte. Alors pourquoi pas « camomille grecque » ou « camomille égyptienne » ? Peut-être sont-ce les regards que firent peser Jérôme Bock et Tabernaemontanus, deux « Germains », sur la matricaire qui donna à cette plante son surnom de camomille allemande.

En tous les cas, les deux hommes, bien que distants d’un siècle, s’entendirent pour lui accorder des vertus digestives et vulnéraires et, Lazare Rivière, un Français, remit au goût du jour ses qualités fébrifuges.

Ajoutons à cela que le Petit Albert propose une recette « pour se préserver de la goutte : Ce mal est causé par Saturne. Prenez à l’heure de Mars, ou de Vénus, l’herbe nommée matricaria, que vous pilerez et mêlerez avec le jaune d’un œuf cuit, en façon d’omelette, et mangez-en à jeun, cela vous préservera tout à fait de la goutte », une observation fort docte puisque les affections par rétention relèvent essentiellement de la planète Saturne et l’on accorde à la matricaire de pouvoir parfois dissiper les points douloureux de la goutte, mais, comme le souligne le docteur Leclerc, « si elle ne sidère pas complètement la douleur, elle l’émousse dans de fortes proportions ».

Si la matricaire s’y entend pour chasser, elle attire aussi sur ceux qui en ont besoin des bénéfices certains. Aussi n’est-ce pas un hasard si cette plante voisine des habitations était régulièrement semée aux abords des maisons. Protectrice, son infusion permettait la lustration des propriétés. Attractive et répulsive, la matricaire « macérée dans du vin donne une boisson qui neutralise l’effet de la piqûre des serpents », elle constitue, en outre, une excellente « consolation des hypocondriaques », une recommandation que l’on retrouve quelque peu dans l’élixir floral de matricaire qui apaise les tempéraments agités, les enfants à l’humeur changeante, ceux qui pleurent et se vexent facilement.

Très commune en Europe, la matricaire est également présente sur d’autres continents (Asie, Afrique, Amérique du Nord). En France, l’on aura toutes les chances de la découvrir sur des sols pauvres en calcaire. Parmi ses divers domiciles, elle compte les lieux incultes (terrains vagues, pierreux et rocailleux, décharges), les abords des champs cultivés (quand elle ne pénètre pas à l’intérieur), les prés et les clairières, les bordures de chemins. Il lui arrive même de s’aventurer le long des ruelles de villages.


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