Huile essentielle de Basilic sacré

Dénomination latine :

  • Ocimum tenuiflorum L.

Famille botanique :

  • Lamiaceae

Organes producteurs :

  • Parties aériennes

Propriétés :

  • Immunostimulante, antifongique (Candida albicans)
  • Antiparasitaire, anthelminthique par l’eugénol
  • Antimicrobienne
  • L’huile essentielle est répulsive vis-à-vis d’Aedes aegypti
  • Antibactérienne, l’eugénol est actif contre Trichomonas vaginalis, Helicobacter pylori, Listeria monocytogenes, Escherichia coli, mycoplasmes (Ureaplasma sp.)
  • Effet synergique en association avec les antibiotiques
  • Antifongique, vis-à-vis de Cladosporium herbarum et Penicillium glabrum, vis-à-vis de Candida, Aspergillus & dermatophytes (y compris résistants au fluconazole) par lésion de la membrane cellulaire et entraine une réduction considérable de la quantité d’ergostérol, un composant spécifique de la membrane cellulaire fungique
  • Anthelminthique
  • Inhibitrice de la cyclo-oxygénase, inhibe la synthèse de prostaglandines, notamment par la muqueuse du colon, inhibiteur du transit
  • Anti-inflammatoire par inhibition de la Cox-2, antiarthritique, agent préventif du cancer
  • Effets immunomodulateurs et anti-inflammatoires, l’eugénol inhibe la voie du NF-κB
  • Anti-oxydante et protectrice de l’ADN
  • Spasmolytique, anti convulsivante
  • Analgésique (effet médié par les récepteurs alpha2-adrénergiques et opioïdes, mais non par les récepteurs sérotoninergiques et anesthésiant)
  • Parasympatholytique et sympatholytique, hypotensive par effet vasodilatateur périphérique
  • Antiagrégante
  • Effet anti-ostrogénique
  • Prévient la réduction de dopamine dans le striatum, prévention de la lipoperoxydation, effet potentiel dans la maladie de Parkinson
  • Effet favorable dans la douleur neuropathique, les maladies neurodégénératives et métaboliques
  • Antalgique
  • Ligand pour les récepteurs cannabinoïdes de type 2 (CB2), sans les effets psychotropes des cannabinoïdes de type 1 (CB1), agoniste naturel des récepteurs endogènes des cannabinoïdes 2 (CB-2) qui induisent des effets anti-inflammatoires, prévient la néphrotoxicité induite par le cisplatine (par une voie dépendante du récepteur CB-2), diminue la cardiotoxicité de la doxorubicine par un mécanisme similaire, potentiel thérapeutique énorme pour une multitude de maladies associées à l’inflammation et au stress oxydatif, en raison de son excellent profil d’innocuité chez l’homme
  • Le β-caryophyllène interfère dans plusieurs cascades de signalisation engendrant des tumeurs et serait, au même titre que l’eugénol, un candidat en tant qu’agent préventif et curatif de certains types de cancers
  • Antivirale vis-à-vis d’herpès virus
  • Neuroprotectrice dans la sclérose en plaques, potentialités dans la maladie de Parkinson
  • Pourrait aider à réduire la consommation alcoolique
  • Anxiolytique, sans effet sur les récepteurs aux benzodiazépines
  • Anticonvulsivante
  • Effet inotrope négatif par effet calcium-bloqueur
  • Antagoniste puissant des récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine (α7-nAChRs) et dépourvu d’effets médiés par les récepteurs sérotoninergiques et GABAergiques

Indications :

  • Infections diverses, infections fongiques, parasitoses intestinales
  • Infections dentaires, pharyngées, gastro-intestinales, urinaires, génitales
  • Douleurs dentaires, pharyngées, œsophagiennes
  • Douleurs rhumatismales (par voie locale)
  • Sclérose en plaques
  • Maladie de Parkinson
  • HSV1

Précautions d’emploi :

  • Risques allergiques potentiels
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 12 ans
  • Pas plus de 10 jours d’utilisation
  • Interactions médicamenteuses avec les huiles essentielles contenant des cétones à plus de 10 %
  • Contenant des phénols et des sesquiterpènes, risque d’auto toxicité par interactions moléculaires
  • Dermocaustique à l’état pur, dilution requise
  • Prudence en cas de gastrite et d’ulcère per os
  • Ne pas diffuser, ni mettre dans l’eau du bain
  • Pas d’inhalation humide
  • La métabolisation hépatique peut provoquer une hépato toxicité au long cours ou à fortes doses, il convient de toujours les diluer et de les associer avec d’autres H.E bien tolérées, afin de « couper » et de diminuer leur proportion dans le mélange final
  • Interdite chez les animaux
  • Mutagène et carcinogène au long cours et/ou à fortes doses

Composants principaux majoritaires :

  • Phénol : eugénol 50 % et méthyl-eugénol
  • Sesquiterpènes : béta-caryophyllène (30 à 35 %)

Un peu d’histoire :

Pour bien comprendre la dimension sacrée qui auréole ce basilic, il importe de le faire revenir sur ses pas, et de nous rendre sur sa terre originelle, c’est-à-dire l’Inde. Là-bas, le basilic est tout aussi sacré que la verveine l’était pour les Romains, sinon davantage encore. On y élève de tout petits « temples », ainsi que de véritables autels cernés de murs et de piliers, en l’honneur de cette plante à laquelle on s’adresse comme s’il s’agissait d’une divinité.

Et cela en est bien une en définitive, puisque la mythologie hindoue nous apprend que l’amante de Krishna, Tulsi, fut métamorphosée en ce basilic. C’est donc elle qu’on adore à travers son image végétale, basilic sacré ou Tulasî (tulsi est impropre).

Voici comment les Hindous conçoivent leur relation spéciale à cette plante, d’après les observations de l’ecclésiastique Vincenzo Maria da Santa Caterina qui se rendit sur place au XVIIe siècle : « Ils ont grand soin de cette herbe ; devant elle, ils murmurent plusieurs fois par jour leur prière, en se prosternant souvent, en chantant, en dansant, en l’arrosant avec de l’eau. Sur les rivages des fleuves où ils vont se baigner, on en voit en grande quantité ; ils croient en effet que les dieux aiment particulièrement cette herbe, et que le dieu Ganavedi (Ganeça) y demeure continuellement.

Lorsqu’ils voyagent, à défaut de cette plante, ils la dessinent sur le terrain avec sa racine, voilà comment s’explique qu’au bord de la mer, on remarque si souvent de pareilles figures tracées sur le sable ». C’est vrai qu’en terme de dieux, le tulasî n’est lié pas moins qu’à Lakshmî et à Vishnou, et cette herbe ceint le front de bien d’autres divinités du panthéon hindou, sachant que son parfum raffiné reste associé à la puissance divine.

Plante féconde et fécondante, le tulasî est invoqué pour la protection de toutes les parties du corps humain, de la tête jusqu’aux pieds, et à chacune d’elles correspond une prière bien distincte. L’incomparable tulasî intervient aussi bien pour la vie que pour la mort. C’est une plante immortelle « qui contient en elle toutes les perfections, qui éloigne les maux, qui purifie et qui guide au paradis céleste ceux qui la cultivent ».

C’est là un parfait résumé des fonctions de l’herbe tulasî. Véritable amulette, il est vrai que le tulasî est reconnu, parce que propice et parfumé, comme destructeur des méchants, qu’il met en fuite, de même que les monstres qu’il éloigne, comme le montrent bien quelques-uns de ses autres noms sanskrits, apetarakshasî et bhûtagni. Cette vertu s’applique également au venin des serpents et à toute influence pernicieuse qui viendrait entraver les rituels de fécondation, c’est-à-dire destinés à la perpétuation de la vie.

Chargé de tous les aspects de la vie des hommes et des femmes en Inde, le tulasî ouvre également les chemins du Ciel aux hommes pieux. C’est pourquoi il doit être cueilli uniquement dans une bonne intention et de façon précautionneuse, sans casser la plante, de crainte d’irriter Vishnou, et sans oublier les prières d’usage : « Mère Tulasî, toi qui apportes la joie au cœur de Govindas, je te cueille pour le culte de Nârayana. Sans toi, bienheureuse, toute œuvre est stérile ; c’est pourquoi je te cueille, déesse Tulasî ; sois-moi propice. Comme je te cueille avec soin, sois miséricordieuse pour moi, ô Tulasî, mère du monde ; je t’en prie ! »

Comme on le constate, il n’était pas question de s’y prendre à la légère, puisque, de toute façon, si c’était le cas, Vishnou se charge de rendre « malheureux pour toute sa vie et pour l’éternité l’impie qui, par mauvaise volonté, voire même aussi l’imprudent qui, par mégarde, arracherait l’herbe tulasî ; point de bonheur, point de salut, point d’enfants pour lui ».

Oui, répétons-le, le tulasî ne peut accorder ses bienfaits et largesses qu’aux méritants, qu’ils soient morts ou vifs. Ainsi, après une existence de parfaite dévotion, l’homme, sentant la mort venir, se prépare sereinement à cette éventualité.

Une fois son trépas interrompant le fil de son existence terrestre, il est de coutume de placer un petit bouquet de cette plante entre les mains du défunt ou bien une feuille sur sa poitrine, afin que ce viatique lui assure un bon voyage. Puis on lui lave la tête à l’aide d’une eau dans laquelle on aura préalablement fait macérer des feuilles de ce basilic, ainsi que des graines de lin.


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