Huile essentielle d’Arbre à thé (tea tree)

Dénomination latine :

  • Melaleuca alternifolia

Famille botanique :

  • Myrtaceae

Organe producteur :

  • Feuilles

Propriétés :

  • Anti-infectieuse polyvalente (monoterpénols – moins puissants cependant que les phénols ; ils agissent directement sur les germes pathogènes, en fonction de leur CMI, qu’ils neutralisent par dénaturation des protéines et dissolution de la membrane lipidique. Ils agissent également indirectement sur le terrain qu’ils corrigent)
    • Antibactérienne à large spectre, surtout dans les infections génitales (cystites, urétrites) et intestinales. Antibactérienne dentaire (aphtose, stomatite, gingivite, abcès dentaire, ulcère buccal, pyorrhée) – effet antibactérien lié aux alcools MT (actifs sur le staphylocoque doré résistant aux antibiotiques, sur Escherichia coli, Steptococcus pneumoniae et pyogenes, et Hemophilus influenza), (actifs sur germes Gram+ Staphylococcus aureus, et Gram- Colibacillinum sp., Proteus, Klebsiella, Enterococcus) – Anti-Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline, avec lyse et perte de l’intégrité de la membrane de Staphylococcus aureus, manifestée par la fuite des ions et l’inhibition de la respiration
    • Antifongique à large spectre (toutes localisations) et antiparasitaire (teigne, gale, ascaris et lamblia) – effet antifongique dû aux alcools et carbures MT et actif sur Candida albicans, le pied d’athlète, les mycoses interdigitales et les mycoses des ongles, ainsi que vis-à-vis de candidoses résistantes au fluconazole. Effet antiparasitaire vis-à-vis des infections vaginales à Trichomonas vaginalis et des parasitoses intestinales à Ascaris – mais moins efficace que manuka en raison de la présence de tricétones, et en association avec les antifongiques imidazolés en cas de résistance
  • Radioprotectrice comme tous les melaleucas
  • Immunostimulante (↑Ig A, ↑Ig M, ↑Ig C3 et C4)
  • Antiasthénique
  • Antivirale (HSV, grippe, Papilloma virus)
  • Insecticide vis-à-vis des poux, des tiques, des mites et des acariens
  • Anti-inflammatoire et antihistaminique principalement au niveau cutané en réduisant la prolifération des cellules médiatrices de l’inflammation et leurs médiateurs
  • Cicatrisante
  • Anti-biofilm bactérien, les huiles essentielles de cannelle de Chine, de girofle, de tea tree, de baume du Pérou et de thym rouge sont plus efficaces pour éradiquer les biofilms de Pseudomonas et Staphylococcus aureus que certains antibiotiques, ce qui constitue un énorme potentiel pour la découverte d’alternatives ou de compléments aux antibiotiques
  • Activité sur les pellicules du cuir chevelu, dues à Pityrosporum ovale, et sur Malassezia sp.
  • Anti-psoriasique par activité anti-inflammatoire (terpinène-4-ol)
  • Activité sur diverses affections dermatologiques (peau et muqueuses), telles qu’acné vulgaire, dermatite séborrhéique, gingivite chronique, accélère la cicatrisation, activité anti-cancer de la peau, élimine la flore pathogène de la peau tout en maintenant la flore résidente
  • Antiasthénique, tonicardiaque
  • Phlébotonique, décongestionnante veineuse
  • Neurotonique et analgésique
  • Manuka exerce une action spasmolytique, alors que Kanuka et Melaleuca alternifolia ont une action spasmogène sur le diaphragme et l’utérus in vitro (ce qui justifie la contre-indication pendant la grossesse)
  • Cortison-like (monoterpènes) – stimulante de l’axe hypophyso-corticosurrénalien, intéressante dans les étés inflammatoires prolongés

Indications : 

  • Brûlures dues aux radiothérapies (radiodermites)
  • Infections bactériennes intestinales (entérocolite), ORL (sinusite, angine, bronchite, gingivite, aphte, otites, rhinopharyngites) et urinaire (cystite)
  • Infections virales (symptôme grippal, rhume, herpès, zona)
  • Mycoses de la peau (candidose et pied d’athlète HMPC), des ongles, de la bouche (candidose) et du vagin
  • Acné, abcès (HMPC), dermatite de contact, eczéma, psoriasis, retard de cicatrisation
  • Affections buccales (aphte, gingivite)
  • Insecticide vis-à-vis des poux et répellente vis-à-vis des tiques, des moustiques et des acariens, désinfectant
  • Entérocolites bactériennes, candidosiques et parasitaires
  • Infections génitales, urétrites et prostatites, vulvo-vaginites, candidoses chroniques
  • Hémorroïdes, varices
  • Asthénie, dépression nerveuse
  • Acné (gel à 5 % d’H.E, effet comparable au peroxyde de benzoyle à 5 %)

Précautions d’emploi : 

  • Usage cutané, sublingual et rectal seuls préconisés
  • Ne pas diffuser
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Le surdosage peut provoquer un état confusionnel avec difficulté d’orientation
  • Eviter en association avec la cortisone
  • Pas d’usage prolongé
  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 7 ans
  • Induction du cytochrome P-450 (CYP2B1) – (α-terpinène)
  • Interdite chez les animaux

Composants principaux majoritaires :

  • Alcools monoterpéniques : terpinène-4-ol (40 à 45 %)
  • Monoterpènes : α-terpinène 10% et gamma-terpinène (20 à 25 %)

Un peu d’histoire :

La plante a été nommée Melaleuca pour la première fois par Linné en 1767. Il la connaissait via la description faite par Rumphius.

Par la suite, Maiden et Beutche décrivent deux variétés différentes. En 1924, Cheel considère que les différences entre les eux sont assez importantes pour distinguer deux espèces : M. linariifolia et M. alternifolia.

Le Melaleuca alternifolia est originaire de New South Wales en Australie, où les aborigènes Bundjalung utilisaient les feuilles pour se guérir d’une variété de maux depuis bien longtemps.

Les feuilles du tea tree furent connues en Europe grâce au navigateur anglais James Cook vers 1770 qui les trouva dans les îles de l’archipel néo-zélandais : Les aborigènes les utilisaient déjà pour en faire une sorte de « thé ». C’est ainsi que, le thé véritable venant à manquer, l’équipage fut amené à apprécier les infusions pratiquées avec les feuilles du tea tree. Ces feuilles étaient également utilisées par les aborigènes pour faire un cataplasme en cas de blessure. Ils faisaient bouillir les feuilles et les buvaient comme du thé en infusion ou ils broyaient les feuilles et les appliquaient sur leurs blessures. Ils allaient également se baigner dans un lagon dans lequel les feuilles de melaleuca tombaient et du fait macéraient. Ils s’y baignaient donc pour guérir des petits problèmes qu’ils pouvaient avoir.

Dans les années 1920, le Dr Penfold a découvert que l’huile essentielle qui était obtenue à partir de la distillation des feuilles, était onze fois plus antimicrobienne que l’antiseptique de premier plan de l’époque : le phénol.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’efficacité de l’huile de Melaleuca a été si bien reconnue que chaque soldat australien en avait automatiquement dans sa trousse de premier soin. D’ailleurs à cette époque, les producteurs et les récolteurs de tea-tree étaient dispensés de servir sous les drapeaux.

On l’appelle aussi : L’or vert du cinquième continent « l’Australie ».

Myrtacée d’assez petite taille (très souvent 3 à 4 m ; davantage en milieu sauvage : 10 m), l’arbre à thé est donc originaire d’Australie, principalement de ces deux grandes régions situées à l’est que sont la Nouvelle-Galles du sud et le Queensland.

Cousin des eucalyptus et d’autres melaleucas (niaouli, cajeput, avec lesquels il ne faut pas le confondre), l’arbre à thé affectionne plus particulièrement les zones marécageuses et côtières, enfin des zones humides desquelles émergent ses rejets lorsque le tronc principal vient à disparaître, ce qui n’est pas si simple, son bois très dur étant quasiment imputrescible et qui plus est protégé par une épaisse écorce ignifugée dont la pellicule la plus extérieure, qui se détache en fines lanières, ne doit en aucun cas nous faire croire à une quelconque fragilité de cet arbre, souvent arbuste, à l’allure de gringalet.

De même que ses rameaux réclinés au feuillage plumeux qui donnent une impression de grâce et de légèreté. Quand on y regarde de plus près, l’on se rend compte que les feuilles linéaires et lancéolées de l’arbre à thé sont de nature très coriace. A leur surface, de nombreuses glandes à essence sont visibles : il suffit de les froisser brusquement pour qu’elles dégagent une odeur aromatique forte qui contredit l’apparente sensation de faiblesse que véhicule l’image de cet arbre somme toute gracile, dont les fleurs blanches très parfumées, aux nombreuses étamines, augmentent davantage cette impression. Enfin, sa résistance avérée aux parasites achève de déconstruire le portrait erroné de l’arbre à thé qui ne doit pas être jugé sur son envergure, laquelle ne permet pas de soupçonner quelle formidable force s’abrite au sein de cet arbre finalement assez banal.

Malheureusement, bien peu de ces savoirs ancestraux nous sont parvenus, du fait que d’immenses pans de la culture aborigène ont disparu avec ces populations, sous l’impulsion délétère de l’homme blanc. L’arbre à thé est donc un témoin muet de ce désastre : en 1770, James Cook rapporte des feuilles de cet arbre en Europe. On lui donne alors le nom anglais de tea tree.

Depuis, le nom est resté bien que l’arbre à thé appartienne à une famille botanique strictement distincte de celle du théier asiatique.
Les vertus thérapeutiques de l’arbre à thé ne semblent pas avoir intéressées le capitaine Cook puisqu’il faudra attendre les années 1920-1923 avant de voir naître toute une série d’études australiennes au sujet de son huile essentielle et de ses propriétés bactéricides qui furent alors testées sur de nombreuses souches.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, l’huile essentielle d’arbre à thé fut utilisée pour soigner les blessures des soldats australiens. Mais que le chemin aura été long entre l’usage traditionnel millénaire et l’utilisation thérapeutique moderne de cette huile essentielle par les descendants des colons ! La préciosité thérapeutique de cette substance a amené la culture en grand de l’arbuste qui la produit, ainsi l’arbre à thé est-il cultivé sur de nombreux hectares australiens, et s’est même déployée à d’autres pays : l’Inde, la Malaisie, la Nouvelle-Calédonie, l’Afrique du Sud et Madagascar.

Dans les années 1960, le docteur français Jean Valnet évoquera, dans son ouvrage L’aromathérapie, se soigner par les huiles essentielles, le niaouli et le cajeput, mais, curieusement, il fera l’impasse sur l’huile essentielle d’arbre à thé, chose d’autant plus étonnante qu’aujourd’hui cette huile essentielle est considérée comme un must qu’on se doit de posséder aux côtés de l’huile essentielle de lavande fine et de l’essence de citron.


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