Huile essentielle de Camomille noble

Dénomination latine :

  • Chamaemelum nobile L.

Famille botanique :

  • Asteraceae

Organes producteurs :

  • Parties aériennes fleuries, capitules fleuris secs

Propriétés :

  • Antispasmodique (l’angélate d’isobutyle exerce une puissante action contre les spasmes) et calmante du SNC en massage
  • Pré anesthésiante
  • Anti-inflammatoire (intéressante pour les neuro-arthritiques)
  • Antalgique (une des plus antalgiques en dentisterie, action sans doute renforcée par les traces d’acides qu’elle contient), à associer avec Hypericum perforatum
  • Antiparasitaire vis-à-vis de parasitoses intestinales comme lamblias et ankylostomes et protozoaires du genre giarda
  • Cicatrisante (stimule les fibroblastes et la formation de collagène)
  • H.E pƩ+
  • Inhibe la surrénale
  • Calme la thyroïde émotionnelle
  • Stimule l’épiphyse
  • L’hydrolat s’utilise pour l’hygiène buccale et oculaire
  • Sédative et anxiolytique (l’angélate d’isobutyle a montré une action calmante et déstressante)
  • C’est l’huile essentielle la plus riche en esters, ce qui lui confère des propriétés décontracturante et antidépressive (l’angélate d’isobutyle serait antidépresseur)
  • Tonique digestive : carminative, cholagogue
  • Hypotensive, calmante, neurotonique, rééquilibrante nerveuse
  • Légère emménagogue
  • Moins anti-inflammatoire que l’H.E de matricaire
  • Antiprurigineuse, antiphlogistique, antiallergique

Indications :

  • Hypersensibilité
  • Traumatisme affectif
  • Choc émotionnel
  • Crises de spasmophilie
  • Hystérie, angoisse
  • Insomnie, cauchemar
  • Crises de nerfs
  • Névrites
  • Névralgies
  • Stress, nervosité
  • Spasme digestif et contracture musculaire
  • Affections cutanées
    • Psoriasis, couperose
  • Parasitose intestinale
  • Troubles de la ménopause, états dépressifs
  • Zona, traumatismes nerveux
  • Asthme nerveux, hypersensibilité, hyperkinésie, agitation
  • Troubles de la circulation artérielle
  • Tachycardie, palpitations
  • Terrains allergiques (asthme, eczéma, conjonctivites, prurit, urticaire)
  • Poussées dentaires
  • Massages apaisants

Précautions d’emplois :

  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 8 ans
  • Risque d’allergie commune avec d’autres Asteraceae (achillée millefeuille, matricaire, arnica, etc.)
  • Interactions médicamenteuses possibles, inhibition du CYP3A5 in vitro, et des CYP 3A4, CYP2D9, CYP 2C9, in vitro

Composants principaux majoritaires :

  • Esters (89 %) : angélate d’isobutyle 40%, angélate d’isoamyle 20 %, angélate de 2 méthyl2propényl 10%

Un peu d’histoire :

Les vertus des fleurs de camomille sont connues depuis la nuit des temps. Galien relate comment les sages de l’Egypte pharaonique dédient cette fleur à Râ, dieu Soleil, interpellés par son efficacité contre les fièvres. Elle aurait également servi à l’embaumement de Ramsès II.

Cazin (XIXe siècle) la recommande contre les fièvres et traitait avec succès les fièvres intermittentes des marais lorsque la quinquina faisait défaut. En usage externe, l’infusion de camomille était connue pour son pouvoir éclaircissant sur les cheveux blonds et pour soigner les inflammations des paupières ou les conjonctivites.

Valnet (XXe siècle) considère l’huile essentielle comme antispasmodique, antalgique, calmante et la recommande dans les névralgies, les dépressions nerveuses, l’insomnie, les troubles de la digestion et les dysménorrhées d’origine nerveuse.

La camomille romaine (Anthemis nobilis) ou Chamomilla nobilis appartient à la famille des composées et est appelée vulgairement anthémide ou anthémis, camomille romaine, camomille officinale, camomille noble, camomille blanche, camomille odorante ou camomille des jardins. Le mot camomille vient de deux mots grecs qui signifient Terre et Pomme. Bien qu’elle ne soit pas d’origine romaine, la tradition veut qu’elle soit nommée ainsi parce qu’un botaniste et médecin allemand Camerarius la redécouvrit au XVIème siècle à Rome.

On utilise le capitule en herboristerie, traditionnellement pour faciliter la digestion. En liquoristerie, elle donne une saveur amère aux apéritifs. La sommité fleurie est utilisée pour la production d’huile essentielle utilisée notamment en parfumerie.

Dès le premier siècle de notre ère, l’encyclopédiste Pline décrit les trois espèces de camomille : Matricaria recutita (camomille allemande annuelle), Chamaemelum nobile (camomille romaine vivace) et Tanacetum parthenium (Grande camomille). En France, la première recommandation écrite concernant la culture de la camomille allemande remonterait à 812, sous Charlemagne. La légende raconte que la camomille pousse sur des sols incultes. Ses actions sur les troubles du cycle féminin lui auraient donné son nom « Matricaria ». Elle était en effet utilisée pour soulager les douleurs menstruelles et celles de l’après-couche.

Imaginez un peu qu’aujourd’hui encore on fait la confusion entre la camomille romaine et celle que l’on désigne par l’épithète d’« allemande », autrement dit la matricaire (Matricaria recutita). Cette erreur fut commise par des thérapeutes et non des moindres, ce qui rappelle l’imbroglio plus récent concernant ravintsara et ravensare.

Aussi comprendrons-nous à quel point il est difficile de se dépêtrer d’informations relatives à ces deux camomilles quand elles nous imposent une distance de plusieurs siècles ou, plus ardu, de plusieurs millénaires. On dit que la camomille romaine était connue des Grecs (Dioscoride évoque le cas d’un parthenion apte à soigner jaunisse, calculs, accès fébriles et troubles oculaires) et, qui plus est, des Romains. Avec un nom pareil, quoi de plus naturel ? Aussi, quand il est écrit que Galien la préconisait au IIe siècle de notre ère contre les maux de tête, les migraines, les névralgies et les coliques, personne ne dit mot car ces indications sont toutes du ressort de la romaine.

L’implantation de la camomille romaine sur la façade atlantique explique bien pourquoi elle fut une plante privilégiée par les Celtes, bien que le monde celte ne se réduise pas à ses extrémités océaniques, puisque, à l’apogée de son expansion (au IIe siècle avant J.-C.), il s’étendait de l’Ouest (Portugal, Irlande) jusqu’à l’Est, en bordure de Mer noire. Ce fut donc un remède druidique dont le souvenir s’est perpétué puisqu’elle fait partie des plantes sacrées du solstice d’été, très usitée par les Anglo-saxons lors de la Saint-Jean d’été, alors qu’ailleurs, où cette plante est inconnue, on accorde tout son intérêt à certaines de ses cousines telles que pâquerette et grande marguerite.

Soit qu’on lui préfère la variété « double » ou bien qu’on la confonde avec la matricaire, la camomille romaine est tombée dans une sorte de déshérence. De plus, « l’invasion » de substances extraites de pharmacopées lointaines a mis à mal la réputation de la camomille romaine. Mais tous les praticiens ne tombèrent pas dans le panneau qui consiste à croire que l’herbe est forcément plus verte chez le voisin. Ainsi, Lieutaud, sans chauvinisme, se penche sur le cas de la camomille romaine dans les années 1760 et met en évidence des propriétés qui ont toujours cours à l’heure actuelle : carminative, antispasmodique, fébrifuge, propre à soulager les douleurs goutteuses. Puis, au siècle suivant, Cazin la préconise comme tonique, calmante, digestive, fébrifuge également, insistant sur le fait qu’elle fut très employée comme fébrifuge indigène dont l’action est proche, selon maints auteurs, de celle du quinquina et, bien souvent, supérieure à l’écorce péruvienne.


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