Huile essentielle de Bouleau jaune

Dénomination latine :

  • Betula lenta (alleghaniensis)

Famille botanique :

  • Betulaceae

Organes producteurs :

  • Bois, écorce

Propriétés :

  • Anti-inflammatoire et antispasmodique
    • Draineur rénal (calculs rénaux)
    • Élimination toxinique
    • A utiliser sur terrain acide (sujet souvent âgé et rigide)
  • Pouvoir régénérant et antiacide puissant
    • Améliore la structure endogène profonde des tissus
  • Hépato stimulant (ferait baisser le taux de cholestérol)
  • Anticoagulant / antiagrégant plaquettaire (mais cicatrisant, donc n’ayant pas la toxicité de l’aspirine)
  • Myorelaxant
  • Neurotonique
  • Rééquilibrante nerveuse
  • Antidépressive psychique douce
  • Décongestionnante cutanée
  • Spasmolytique neurotrope (atropinique par effet anticholinergique) – Parasympatholytique
  • Anti sécrétoire dans l’ulcère gastroduodénal
  • Spasmolytique dans les colites hépatiques et néphrétiques
  • Spasmolytique musculotropes
  • Apaisante, sédative du spasme
  • Négativante (car souvent très électronégative)
  • Antipyrétique
  • Par voie externe :
    • Révulsive, analgésique et anti-inflammatoire

Indications :

  • Rhumatismes musculaires, arthrose
  • Contractures musculaires
  • Crampes
  • Spasmes coronariens
  • Diarrhées spasmodiques

Précautions d’emploi :

  • Épileptisante, contre-indiquée chez les personnes aux antécédents de convulsions
  • Naturel ou synthétique, le salicylate de méthyle est régulièrement à l’origine d’intoxications dont la symptomatologie est celle de l’intoxication salicylée : 1 ml de salicylate de méthyle est équivalent à 1,4 g d’acide acétylsalicylique et les quantités ingérées sont parfois supérieures à 10 ml
  • Ne pas associer avec les anticoagulants
  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 6 ans
  • Risque de gastralgies et d’hémorragies per os
  • Nocive en cas d’ingestion, toxicité aiguë par voie orale (symptômes en cas d’ingestion : nausée, vomissement, douleur abdominale, diarrhée, augmentation de la fréquence respiratoire, bourdonnement dans les oreilles, convulsions)
  • Pas d’application sur zone brûlée ou peau lésée
  • Peut provoquer une irritation cutanée à l’état pur (dermocausticité)
  • Dose létale chez l’homme située de 50 à 500mg/kg, soit une tasse à thé pour une personne de 70kg
  • Peut provoquer de sévères lésions oculaires grave par voie olfactive
  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans l’eau du bain
  • Prudence par voie orale
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante

Composants principaux majoritaires :

  • Salicylate de méthyle + de 99 %

Un peu d’histoire :

Le mot bouleau viendrait du sanskrit bhurga qui signifie « écorce sur laquelle on écrit », ainsi que du gaulois beto ou encore du latin betula qui, d’après Pline, signifierait : « arbre gaulois d’une blancheur et d’une finesse remarquables ».

Les arbres adultes d’une taille suffisante sont abattus. On prélève alors leur écorce et on la soumet à la distillation sèche ou « pyrogénation ». On peut parfois ajouter également branches et racines. L’huile résinoïde obtenue par pyrogénation est noire et parfumée. 

L’écorce du bouleau, support d’écriture…

Sous son apparence de fragilité, l’écorce du bouleau est d’une durabilité à toute épreuve, en raison des goudrons qu’elle contient. Cette résistance à la pourriture a permis aux archéologues russes des découvertes historiques de première importance dans le sous-sol de Novgorod, ville située à 400 km à l’est de Moscou. Des centaines de documents intacts en écorce de bouleau furent récupérés à partir de 1951 à plusieurs mètres de profondeur, dans des couches archéologiques allant du Xe au XIVe siècle.

Les textes sont gravés au stylet sur la face intérieure de l’écorce. Ecrits en vieux russe, ces textes ont considérablement contribué à la connaissance de cette époque. Le bouleau a ainsi joué dans les pays nordiques un rôle de support de communication comme le papyrus ou le palmier dans les pays chauds.

La sève du bouleau…

« Dès les premiers jours de mars, on choisit dans la forêt un bouleau de taille moyenne. A l’aide d’une vrille grosse comme une plume à écrire, on fait un trou horizontal à une hauteur de 4 pieds du sol. Dans ce trou, profond de 5 cm environ, on place un tuyau de paille qui sort de 3 ou 4 doigts, pour servir de conducteur à la sève qui va s’écouler… douce liqueur légèrement sucrée… » Ce texte du Dr Percy (1822) est éloquent !

La sève du bouleau constitue une boisson, sorte de bière ou de vin, parfois enrichie de feuilles de cassis, d’écorce de citron ou d’orange…

« La sève du tronc du bouleau est, de toutes les substances végétales, celle qui fournit le meilleur moyen d’imiter le vin de Champagne qu’on falsifie à Londres et à Hambourg avec diverses baies », nous apprend le Dictionnaire d’Agriculture de Rosier (1821).

Le Québec est l’un des endroits où l’on retrouve le plus de bouleaux jaunes au monde. Cette essence se situe principalement dans la zone de la forêt méridionale au sud de la province. Présent surtout en milieu forestier, le bouleau jaune côtoie des essences comme l’érable à sucre, le hêtre, le tilleul et certains conifères, dont le pin blanc et le sapin baumier.

Lorsqu’il a atteint l’âge adulte, le bouleau jaune se distingue par le doré de son écorce satinée qui s’effiloche en fines lanières minces et frisées. Ses ramilles ont un goût de thé des bois.

Le bouleau jaune est également l’arbre emblématique du Québec.

En Haute-Mauricie, des îlots de bouleau jaune se trouvent au cœur de la sapinière à bouleau blanc au-delà de l’aire de répartition continue de l’espèce. Des analyses paléo écologiques d’une tourbière et d’un humus forestier prélevé au sein d’un îlot furent effectuées afin de reconstituer l’histoire postglaciaire de la végétation et d’obtenir des informations sur la dynamique à long terme du bouleau jaune. Il y a 7000 ans, le bouleau jaune était probablement plus abondant et son aire de répartition continue devait s’étendre plus au nord qu’aujourd’hui. Au cours de l’Holocène supérieur, un phénomène régional de « boréalisation » est survenu, marqué par une recrudescence de certains conifères au détriment d’autres espèces comme le bouleau jaune. Les îlots actuels représenteraient des vestiges de cette ancienne extension. Ils devraient être protégés puisque le bouleau jaune représente un élément important de biodiversité et que sa survie semble compromise en réponse aux changements environnementaux.

L’histoire thérapeutique écrite du bouleau n’est pas si ancienne qu’on pourrait le croire : étant un arbre relativement septentrional, il n’a bien évidemment pas été remarqué par les Anciens de l’Antiquité grecque comme romaine, hormis peut-être de Pline, qui le croyait originaire de Gaule. Les premières références thérapeutiques ayant trait au bouleau, c’est à une dame « septentrionale » qu’on les doit : Hildegarde de Bingen.

Au XIIe siècle, elle dit du Bircka (birke aujourd’hui en langue allemande) qu’elle en utilise la sève (contre les rétentions liquidiennes et les troubles urinaires), ainsi que les bourgeons : chauffés au soleil ou près d’un feu, puis appliqués sur la peau, ils soignent certaines affections dermatologiques (pustules, rougeurs, etc.). Hildegarde sera aussi la première à remarquer l’emploi des fleurs à travers leur vertu cicatrisante.

Deux siècles après elle, c’est à un autre Allemand, Konrad de Megenberg (1309-1374), de livrer des informations complémentaires en ce qui concerne le bouleau. Dans un ouvrage intitulé Buch von den natürlichen Dingen (probablement écrit en 1349 ou 1350), le chanoine de Ratisbonne vantera « l’eau » de bouleau, c’est-à-dire sa sève, comme diurétique et anti lithiasique urinaire. Il préconise cette même sève contre les ulcères de la bouche et les éphélides (taches de rousseur).

Matthiole, étrangement, prend part à ce panégyrique : lui qui vit trop au sud, connaît pourtant celui qu’il appelle « arbre néphrétique », sans doute par l’intermédiaire de la lecture de quelques livres allemands sur la question, ce qui s’avère tout à fait possible, sachant que ce qu’il écrit rappelle ce que disait Konrad de Megenberg : « Si on perce le tronc du bouleau avec une tarière, il en sort une grande quantité d’eau laquelle a grande propriété et vertu à rompre la pierre (lithiase) tant aux reins qu’en la vessie si on continue d’en user. Cette eau ôte les taches du visage et rend la peau et charnure belle. Si on s’en lave la bouche, elle guérit les ulcères qui sont dedans ».

Soit c’est l’information qui vient à nous, comme c’est le cas ici avec Matthiole, soit c’est nous qui nous rendons auprès d’elle. C’est ce que fit Pierre-François Percy, chirurgien-chef des armées de Napoléon Ier. Il notera l’utilisation populaire de la sève de bouleau, très répandue dans tout le nord de l’Europe, à l’occasion des campagnes de Russie. Il retiendra surtout que cet usage permet de lutter contre les affections rhumatismales, les embarras vésicaux et les reliquats de goutte. Il est bien vrai que la médecine populaire russe ainsi que les guérisseurs sibériens recommandaient depuis longtemps non seulement la sève mais également les feuilles et les bourgeons de bouleau pour soulager les douleurs rhumatismales. Mais il serait incomplet de s’arrêter uniquement à ça, la thérapie par le bouleau étant beaucoup plus sophistiquée : « Les populations occupant le nord de l’Eurasie ont pour tradition de se fouetter de branches de bouleau tout en alternant des bains de vapeur et de chaleur sèche, avant de se frotter de neige ».

Cela préfigure le bouleau comme grand nettoyeur dans l’élimination des toxines. Ce que confirme d’ailleurs la sagesse proverbiale russe pour laquelle le bouleau est un nettoyeur via le sauna, et un guérisseur – ce dont nous ne doutons pas. Outre qu’il donne la lumière par les torches qu’il fournit, on dit aussi de lui, en Russie, qu’il étouffe les cris, ce que ne saurait se comprendre sans quelques détails explicatifs : par l’écorce de cet arbre, on obtient une sorte d’huile résinoïde goudronneuse dont on oint les roues de chariot pour leur éviter de frotter et de « couiner », ce qui est assez rigolo puisque le bouleau nous évite de faire de même avec nos propres articulations quand elles sont sujettes à l’arthrose par exemple.

Au XIXe siècle, le médecin autrichien Wilhelm Winderwitz met expérimentalement en évidence les indéniables et puissants effets diurétiques des feuilles de bouleau en traitant des patients souffrant d’œdème. Il observera une considérable augmentation du volume des urines émises et une baisse du taux d’albumine, sans aucune irritation rénale. Un siècle plus tard, Henri Leclerc précise encore davantage les contours du profil thérapeutique du bouleau, qu’il utilise chez les patients atteints de cellulite et présentant d’excessifs taux d’acide urique et de cholestérol dans le sang. A terme, les toxines sont résorbées, les nodules fibro-congestifs fondent.

Le bouleau est donc un sublime purificateur, un incomparable nettoyeur (en Europe centrale, ne confectionne-t-on pas à l’aide des rameaux de bouleau d’excellents balais ?) et il a l’avantage de faire ce grand ménage tout en douceur, bien qu’on en évitera l’usage en cas de maladies cardiaques ou rénales graves.

A propos de la sève de bouleau, elle est depuis longtemps récoltée au début du printemps, on la buvait comme eau de jouvence. Elle décrasse l’organisme des impuretés et toxines accumulées durant l’hiver. Étonnant régénérant, elle peut être utilisée par chacun d’entre nous (sauf contre-indications). Ce liquide vital – la sève – apporte souplesse tant au niveau physique que psychologique. C’est la force vive de l’arbre chargée des éléments terrestres et célestes qui apporte vitalité au sortir hivernal.

A l’inverse, la dure écorce du bouleau est utilisée pour l’extraction d’une résine, le goudron de bouleau dont on se servait déjà au Néolithique (et même auparavant) pour réparer les récipients présentant des fissures et autres fêlures. Aujourd’hui, il est encore utilisé pour apprêter, parfumer et protéger les cuirs de Russie. On retrouve bien là la dimension protectrice et imputrescible de l’écorce de bouleau qui permet aussi de fabriquer des ustensiles et des canoës, de couvrir les huttes. Elle constitue aussi un excellent allume-feu dont l’efficacité s’avère réelle même lorsqu’elle est mouillée : cela s’explique par sa haute teneur en résine.

Des fleurs du bouleau, l’on tire un élixir floral que le docteur Bach n’aurait pas renié : il a néanmoins été établi selon sa méthode. Parce qu’on a fait « parler » l’arbre sur son caractère, l’on a pu en déduire les domaines d’action : aussi, ne soyons pas étonnés d’apprendre que cet élixir se destine aux personnes qui font exagérément preuve de comportements sclérosants, rigides qu’ils sont comme de l’écorce de bouleau, solides dans leurs prises de position, parfois trop comme le « papier » que l’on tire de cette écorce et dont la résistance s’explique par les goudrons qu’elle contient.

Ce qui paraît, chez certaines personnes, un défaut, peut s’avérer, par ailleurs, fort utile, parce que, dans d’autres cas, sans cette écorce goudronneuse, de vastes pans de l’histoire nous seraient parfaitement inaccessibles. Nous avons vu, abordant Hildegarde, qu’elle appelait le bouleau bircka. L’allemand actuel birke ainsi que l’anglais birch rappellent, bien évidemment, cet ancien nom attribué au bouleau qui, selon l’étymologie, provient d’une racine beaucoup plus ancienne et lointaine : en sanskrit, le mot bhurga (6) qui désigne le bouleau, signifie aussi précisément « arbre dont l’écorce est utilisée comme support d’écriture ».

Aussi, rendons grâce au goudron de l’écorce du bouleau, puisqu’un événement majeur a permis d’asseoir l’étymologie liée à cet arbre : sa « résistance à la pourriture a permis aux archéologues russes des découvertes historiques de première importance dans le sous-sol de Novgorod, ville située à 400 km à l’est de Moscou. Des centaines de documents intacts en écorce de bouleau furent récupérés à partir de 1951 à plusieurs mètres de profondeur, dans des couches archéologiques allant du Xe au XIVe siècle. Les textes sont gravés au stylet sur la face intérieure de l’écorce. Écrits en vieux russe, ces textes ont considérablement contribué à la connaissance de cette époque. Le bouleau a ainsi joué dans les pays nordiques un rôle de support de communication comme le papyrus ou le palmier dans les pays chauds ». Témoin de signes gravés sur son écorce, le bouleau apparaît aussi chez les Celtes non pas comme support mais comme contenu.


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