Huile essentielle de Bois de Rose

Dénomination latine :

  • Aniba rosaeodora

Famille botanique :

  • Lauraceae

Organe producteur :

  • Bois

Propriétés :

  • Anti-infectieuse (légère)
  • Antibactérienne
  • Antifongique (contre les champignons ou levures parasites de l’homme ou des animaux – des infections appelées mycoses) – active contre des souches de Candida résistantes au fluconazole
  • Antivirale (maladies tropicales) – le linalol montre une forte activité contre les Adenovirus-2 (AVD-II), responsables de pharyngites, pneumonies et gastro-entérites
  • Drainage lymphatique (avec Cymbopogon martinii)
  • Cosmétologie et parfumerie : soins de peaux atones et fatiguées, fragiles ou irritées, H.E « antirides » parfaite pour le corps, raffermit les tissus, redonne de l’élasticité
  • Stimulante immunitaire
  • Antiparasitaire, antimicrobien (l’action antibactérienne est démontrée in vitro vis-à-vis de Campylobacter jejuni, Escherichia coli, Listeria monocytogenes et Staphylococcus aureus mais est inactif sur Pseudomonas aeruginosa ; il est actif sur Gardia lamblia, Leishmania amazonensis et les poux)
  • Aphrodisiaque, tonique sexuelle
  • Antistress, régulatrice émotionnelle
  • Régénératrice cutanéomuqueuse
  • Effet cutané : antalgique locale, cicatrisante, régénérante cellulaire
  • Activités sur le SNC (le linalol exerce une action complexe ; stimulante, il favorise l’apprentissage et la mémorisation en agissant sur les récepteurs nicotiniques ; sédative, il réduit l’activité motrice et potentialise le sommeil des souris prétraitées par un somnifère barbiturique, le pentobarbital ou l’hexobarbital ; anticonvulsivante, diminution de la libération de glutamate, un médiateur stimulant du cerveau ; il agit sur le récepteur du glutamate, le NMDA, en réduisant la transmission nerveuse, induisant ainsi un effet antiépileptique)
  • Antalgique (action sur les récepteurs muscariniques, opioïdes et dopaminergiques), action sur les récepteurs N-Methyl-d-aspartate (NMDA), action sur les récepteurs à glutamate
  • Anti-inflammatoire, inhibe l’œdème induit par la carragénine
  • Hypotensive, bradycardisante
  • Sédative, calmante, hypnotique
  • Anxiolytique
  • Inhibe la liaison du glutamate dans le cortex cérébral, interfère avec la transmission glutamatergique, supprime la fonction des récepteurs excitateurs du glutamate, inhibition non compétitive dose-dépendante de la liaison de [(3) H] MK801 (antagoniste du NMDA)
  • Antioxydante (inhibe la peroxydation lipidique), hypothermisante
  • Synergique avec beaucoup d’huiles essentielles
  • L’activité anti-infectieuse est majorée par une synergie entre linalol, 1,8-cinéole et hydrocarbures terpéniques
  • Anti tumorale, stimule diverses cytokines : IFN-γ, IL-13, IL-2, IL-21, IL-21R, IL-4, IL-6sR, TNF-α, induit la réponse immunitaire de type Th1, inductrice d’apoptose
  • Attractive pour les pollinisateurs

Indications :

  • Infections pédiatriques broncho-pulmonaires : rhino-pharyngite, bronchite, grippe
  • Infections urinaires et gynécologiques : Cystite, vaginites, leucorrhée, vulvites
  • Affections cutanées : retard de cicatrisation, eczéma, vergetures, rides
  • Mycoses cutanées, unguéales et gynécologiques
  • Dépression, surmenage, fatigue nerveuse, stress
  • Acné, escarres
  • Aphtes, bronchiolites, laryngites, cystites, impétigo, psoriasis, brûlures, vieillissement cutané

Précautions d’emploi :

  • Attention à d’éventuel effets gynécomastiants en usage prolongé, le linalol montre une activité anti-androgénique et une faible activité ostrogénique en se liant aux récepteurs aux œstrogènes. Le linalol empêche la production de testostérone, cette huile essentielle est donc à éviter au long cours chez les individus de sexe masculin
  • Potentiellement allergisante :
    • L’une des 26 substances allergènes dont la présence doit être mentionnée dès lors que leurs concentrations dépassent :
      • 0,001% pour les produits à ne pas enlever (crèmes)
      • 0,01% pour les produits à enlever par rinçage (Directive européenne, 2003)

Composants principaux majoritaires :

  • Alcools monoterpéniques : linalol 95%

Un peu d’histoire :

Le nom de ce bel arbre provient de la couleur de son bois, qui varie du rouge au rose selon les couches.

Découvert par les botanistes en 1925 dans la région de Juriti Velho (Etats du Para) cet arbre fut nommé  » bois de rose  » en raison de l’odeur délicatement parfumée de son bois. L’étude de cet arbre révéla qu’il contenait une huile essentielle d’une exceptionnelle richesse en linalol, substance odorante précurseur du parfum de lavande. Une industrie extractive florissante se développa dans le bassin amazonien pour alimenter l’industrie du parfum de la région de Grasse.

Son bois est recherché pour sa dureté et son utilité en ébénisterie et pour la confection d’instruments de musique.

Il est utilisé par les Indiens en médecine traditionnelle amazonienne.

Le bois de rose femelle (Aniba parviflora) et le mâle (Aniba rosaeodora) ont été découverts puis exploités en Guyane dans les années 1920. Au Brésil, c’est Aniba rosaeodora var. amazonica qui a été utilisé pour l’obtention de l’huile essentielle. Quinze tonnes d’huiles essentielles ont été produites en 1926. Sa surexploitation dans les années 60 (50 000 tonnes annuelles) a menacé l’espèce de disparition et a précipité sa mise en culture. Le bois et l’huile essentielle de A. rosaeodora sont maintenant protégés par leur inscription en annexe II des listes de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) afin de réduire leur exploitation.

Le linalol naturel lévogyre produit par les arbres guyanais est toujours recherché par les parfumeurs.

L’H.E de bois de rose est très utilisée en parfumerie, sa fragrance étant « florale et légèrement épicée ». Elle entre dans la composition de parfums prestigieux (Paco Rabanne, Givenchy, Chanel, etc.)

L’arbre a été découvert dans la forêt amazonienne, où les Indiens l’employaient depuis toujours dans leur pharmacopée traditionnelle. Depuis lors, il a été surexploité et, dans les années 1960, cinquante mille tonnes étaient abattues chaque année. À Madagascar, cette surexploitation forcenée a provoqué un scandale et l’interdiction d’exporter. Devenu synonyme en Occident de raffinement et de luxe, il a inspiré les romanciers, de Balzac à Sharyn McCrumb (Un cercueil en bois de rose, 1999).

Son huile essentielle à arôme fleuri est généralement utilisée en cosmétique pour une action régénérante de la peau.

Le bois de rose est un arbre typique du bassin amazonien : son aire d’origine s’étend du Brésil au Pérou en passant par la Guyane française, englobant Suriname, Venezuela, Équateur et Colombie. D’ailleurs, « les habitants de la forêt amazonienne utilisent souvent cet arbre pour des rituels de purification physique et spirituels en fumigation avant de partir à la chasse », lit-on dans Le guide de l’olfactothérapie. Cela mériterait davantage de précisions. En revanche, ce que l’on a rapporté de la sombre canopée amazonienne, c’est un usage alternatif de cet arbre de taille moyenne : un emploi en marqueterie qui remonterait au moins au XVIIe siècle.

Cependant, le bois de rose a beau être connu comme rosewood treebrazilian rosewood, etc., il n’appartient pourtant pas au groupe d’espèces dont on utilise la matière comme bois d’œuvre et que l’on désigne, de manière commune et indifférenciée, rosewood (de même que le terme blackwood s’applique à de très nombreuses espèces d’arbres).

Les bois de rose qui permettent le façonnage de mobilier de luxe, de pièces de jeu d’échec, voire d’instruments de musique (guitare, flûte…), sont appelés ainsi en raison de la couleur de leur bois : rougeâtre, la plupart du temps, sinon rosâtre. Et encore. Certains s’apparentent plus à la couleur de la chair d’un vieux sanglier gorgée de sang noir. Une approximation à peu près semblable s’applique aussi au bois de rose, non pas aux arbres à couleurs, mais, cette fois-ci, à l’arbre à odeur.

C’est au botaniste et ethnologue brésilien Walter Adolfo Ducke (1876-1959) que le bois de rose doit son nom latin Aniba rosaeodora qui lui vaut lieu de baptême en 1930. Dans la décennie précédente, c’est la parfumerie et la cosmétique qui font appel à l’essence de bois de rose, grand fournisseur de ce linalol indispensable au parfumeur. Aussi coupe-t-on des bois de rose à parfum dans le but d’en extraire l’huile essentielle. L’homme, à la quête de cet alcool linalylique, a honteusement surexploité les forêts d’Amérique du Sud, à tel point qu’une déforestation massive a bien failli avoir raison de lui (accentuée, cette déforestation, par l’engouement occidental pour les bois de rose menuisiers dans une période presque identique, 1930-1960, par-là).

Heureusement, au tout début des années 1980, deux événements vont venir (indirectement ou pas) au secours du bois de rose : la synthèse du linalol et l’interdiction d’abattre un arbre si un autre n’est pas replanté. 

Les abattages, pour raisonnés qu’ils furent par la suite, ne s’interrompirent pas pour autant, mais le bois obtenu ne se destina depuis lors plus autant à la parfumerie (qui se contente, dans sa quasi majorité, de linalol de synthèse), mais à un autre domaine : l’aromathérapie. L’huile essentielle de bois de rose est donc, au regard de cette branche de la phytothérapie, un produit thérapeutique très récent en Occident, la plus ancienne référence découverte à son sujet ne remontant pas au-delà de 1994, dans La nouvelle aromathérapie de Philippe Mailhebiau.


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