Huile essentielle de Bergamote

Dénomination latine :

  • Citrus bergamia

Famille botanique :

  • Rutaceae

Organes producteurs :

  • Zeste

Propriétés :

  • Sédative du SNC par inhalation (baisse du cortisol sanguin)
  • Équilibrante du SNA
  • Régulatrice d’appétit
  • Calmante, anxiolytique, antistress par diminution du taux de corticostérone et antidépressive
  • Réduit les symptômes d’anxiété liée au stress, les troubles de l’humeur légers et certains syndromes douloureux
  • L’inhalation d’huile essentielle de bergamote diminue l’anxiété préopératoire
  • Neuroprotectrice, prévention de l’accumulation du glutamate
  • Mélatoninergique
  • Anti hypertensive
  • Antibactérienne, anti-mycoplasmes
  • Utilisable dans la conservation des aliments
  • Antalgique (linalol, acétate de linalyle), par effet opioïde
  • Carminative, digestive, laxative
  • Antifongique
  • Actifs volatils antispasmodiques, neurotoniques, rééquilibrants nerveux, antidépresseurs psychiques doux et décongestionnants pour la peau
  • Augmente le taux des acides aminés neurotransmetteurs (glycine, GABA et glutamine) au niveau de l’hippocampe
  • Stimule la mélatonine et régularise l’alternance veille sommeil
  • Détoxifiante et hépato protectrice (le limonène agit sur le foie, l’action détoxifiante est liée à la stimulation des cytochromes P450 ou des enzymes de phase 2 comme la gluthation-S-tranférase)
  • Hypocholestérolémiante (cholérétique)
  • Le limonène réduit les nausées par action sur la motilité et l’acidité gastrique lors de reflux gastro-œsophagien
  • Tonique et stimulante générale (positivante, car elle s’ionise positivement, très facilement)
  • Antiseptique atmosphérique (par diffusion, mais peu microbicides par contact)
  • Cortisone-like, stimulante de l’axe hypophyso-corticosurrénalien, intéressante dans les états inflammatoires prolongés
  • Décongestionnante respiratoire
  • Lymphotonique
  • Immunostimulante
  • Le limonène stimule la microcirculation digestive
  • Antivirale
  • Anti-inflammatoire, inhibition de l’interféron gamma et de la production d’IL-4
  • Anti-inflammatoire bronchique, utilisable dans l’asthme par inhibition des cytokines, de la production d’espèces réactives de l’oxygène, et en inactivant la migration des éosinophiles
  • Mucolytique et expectorante, oxygénante respiratoire, sécrétolytique, augmente la cinétique du transport muco-ciliaire dans les sinus
  • Action potentielle dans la chimio prévention et la chimiothérapie des cancers, détoxification des carcinogènes par induction des enzymes de phase I et de phase II, inhibe la promotion et la progression tumorale par action sur les protéines p21ras, activité de différenciations tissulaire
  • Inductrice de l’apoptose, anti-angiogénique, anti tumorale, inhibe la croissance cellulaire maligne
  • Préventive du cancer de la peau, réduction de la chimio-induction des carcinomes hépatocellulaires (inhibition de l’activité de la FPTase, inhibition de l’expression du P21ras)
  • Antiulcéreuse, gastro-protectrice, augmente la sécrétion de mucus, de protéines de choc HSP-70
  • Cardioprotectrice, réduit les effets cardiovasculaires délétères de l’exposition aiguë à la nicotine
  • Régulatrice cardiaque (acétate de linalyle)
  • Éloigne les moustiques
  • Spasmolytique neurotrope (agit sur le spasme par effet anticholinergique – parasympatholytique – action anti sécrétoire dans l’ulcère gastroduodénal, spasmolytique dans les colites hépatiques, néphrétiques et les diarrhées spasmodiques)
  • Spasmolytique musculotropes (empêche le spasme des fibres lisses musculaires bronchiques, urétérales, intestinales, ainsi que celles des voies biliaires)

Indications :

  • Agitation
  • Insomnie enfant
  • Stress
  • Digestion difficile, colique et douleur spasmodique
  • Désinfectant atmosphérique
  • Anxiété, tensions
  • Spasmes, contractures
  • Dysménorrhées
  • Dépression
  • Douleurs chroniques
  • Insomnies par désynchronisation
  • Inappétence, digestions difficiles, colites, dyspepsies
  • Vitiligo et dépigmentations
  • Acné, eczéma, psoriasis, séborrhée
  • Sevrage du tabac

Précautions d’emploi :

  • Contre-indiquée chez la femme enceinte (induit des contractions utérines) ou allaitante
  • Ne pas associer avec la cortisone, risque d’interaction médicamenteuse
  • Inductrice du cytochrome P450 (CYP 2B1 et CYP 2C)
  • Potentiellement allergisante
  • Epileptisante à haute dose (esters)
  • Attention à d’éventuels effets gynécomastiants en usage prolongé, l’acétate de linalyle montre une activité anti-androgénique et une faible activité ostrogénique en se liant aux récepteurs aux œstrogènes. L’acétate de linalyle empêche la production de testostérone, à éviter en usage prolongé chez les individus de sexe masculin
  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 7 ans
  • Dermocaustique, irritation cutanée possible à l’état pur
  • Cytotoxicité en usage inapproprié, l’H.E peut être mortelle pour les cellules en division en activant des voies multiples
  • La bergamote est un puissant inhibiteur compétitif du CYP2A6
  • L’inhibition du CYP 2A6 a été identifiée comme une approche thérapeutique possible du sevrage du tabac, donnant ainsi un intérêt significatif aux huiles essentielles de bergamote et de lime
  • Risque de photosensibilisation. Ne pas appliquer avant exposition au soleil
  • L’IFRA (International Fragrance Association http://www.ifraorg.org/) déconseille l’utilisation de l’huile essentielle de bergamote complète (contenant des furanocoumarines) à plus de 0.4 % dans les produits cosmétiques
  • Autorisée chez les animaux en usage externe

Composants principaux majoritaires :

  • Esters monoterpéniques : acétate de linalyle (22-36 %)
  • Monoterpènes : limonène (30-45 %), y-terpinène (6-10 %)
  • Alcools monoterpéniques : linalol (3-15 %)

Un peu d’histoire :

Selon la légende, par une nuit de pleine lune, la bergamote nous fait voir l’endroit où naissent les fées.

La forte densité de plantation en Calabre, longtemps occupée par les Arabes, laisse penser qu’il s’agit d’une sélection variétale typique des agronomes ibérico-mauresques du Moyen Âge (IXe siècle au XIe siècle), son utilisation pour son essence rappelle les agrumes qui avaient leur faveur : bigarade, cédrat, etc. Il existe une légende locale selon laquelle le bergamotier aurait été échangé entre un chrétien et un Arabe contre 12 boucliers, chaque partie à l’échange considérait avoir fait une excellente affaire.

À partir de 1650, sa culture se développa considérablement en Calabre sur la côte italienne, jouissant d’un microclimat favorable. L’écorce était pressée à la main sur une éponge pour en recueillir l’huile parfumée. Ses effets antimicrobiens étaient appréciés. En 1700, un parfumeur Vérone créa un parfum qu’il nomma l’eau de Cologne car il résidait dans cette ville allemande du même nom; le succès fut considérable.

On rapporte qu’au Moyen-Âge des pèlerins italiens se rendant à Saint-Nicolas-de-Port apportèrent des bergamotes et que le distillateur du château de Lunéville aurait confectionné une pastille aromatisée à l’huile essentielle dès 1751. Les fameux bonbons carrés à la bergamote furent, quant à eux, élaborés par des confiseurs de Nancy en 1850. Et, en 1800, le lord anglais Grey, producteur de thé en Inde, aromatisa les feuilles avec la bergamote, qui donna le célèbre thé Earl Grey.

Valnet (XXe siècle) attribue à l’huile essentielle des effets antiseptique, antispasmodique, stimulant gastrique et le recommande dans les coliques et les infections intestinales, les digestions difficiles et comme vermifuge.

L’huile essentielle sert en thérapeutique, en parfumerie car elle entre dans la composition de l’eau de Cologne et des parfums de Guerlain, et en agroalimentaire dans les fameuses bergamotes de Nancy, un bonbon au parfum exquis, ou dans les thés parfumés.

Dans la tribu des agrumes, la bergamote se distingue, non seulement parce que c’est un drôle de phénomène plein de pétillant et de charme, mais aussi parce qu’on a voulu lui attribuer plusieurs lieux de naissance et des parents tout aussi nombreux. En effet, certains disent qu’elle vient de l’ouest : ils affirment que c’est Christophe Colomb qui aurait découvert le bergamotier dans les îles Canaries, puis ramené en Espagne où, une fois cultivé, il expliquerait le nom de la ville de Berga située au nord de Barcelone. Sauf que les Italiens ne l’entendent pas de cette oreille. Ils rétorquent donc qu’il n’est qu’à considérer une ville lombarde du nord de l’Italie, Bergame, pour se convaincre que la bergamote en est bien originaire.

Aujourd’hui encore le plus gros de la production mondiale (95 %) se situe, certes, en Italie, mais pas au nord, le bergamotier étant particulièrement frileux, mais au sud, en Calabre, c’est-à-dire au niveau de la pointe de la « botte ». Plus à l’est, émane un écho qui nous répète que non, ça n’est ni d’Italie ni d’Espagne que provient le bergamotier.

Jugez-en par vous-même, la Turquie ne possède-t-elle pas une ville du nom de Pergame n’entretenant-elle pas quelques consonances phonétiques avec la bergamote, par hasard ? C’est du moins ce qu’affirment les Turcs, lesquels font remonter son origine bien avant Christophe Colomb, parce que oui, tout cela serait aussi ancien que le temps des Croisades.

On a même fait l’hypothèse que le nom même de la bergamote serait issu du turc beg-armadê, ce qui signifie « poire du seigneur », comme sa forme semble (vaguement) l’indiquer.


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