Huile essentielle d’Angélique

Dénomination latine :

  • Angelica archangelica L.

Famille botanique :

  • Apiaceae (Umbelliferae)

Organe producteur :

  • Racine

Propriétés :

  • Sédative sur le système nerveux :
    • Anxiété
    • Fatigue nerveuse
    • Insomnie
    • Troubles du réveil
  • Parasympatholytique, calme l’ortho et le parasympathique. Reconstituante et rééquilibrante générale agissant au niveau du système neurovégétatif.
  • Antiasthénique psychique qui répond à l’anxiété généralisée due à l’hypersensibilité, avec spasmes abdominaux
  • Équilibre la corticosurrénale
  • Stimule les œstrogènes tonifie le bas du corps
  • Décongestionnante et draineuse toxinique
  • Immunostimulante (épidémies de peste cf. Paracelse)
  • Digestive, comme tous les amers, et comme toutes les Apiaceae (graines chaudes)
  • Augmente le nombre de globules rouges
  • Antimicrobienne (Clostridium difficile, Clostridium perfringens, Enterococcus faecalis, Eubacterium limosum, Peptostreptococcus anaerobius, Candida albicans)
  • Régulatrice du microbiote intestinal
  • Régularise le cycle menstruel et le système endocrinien féminin
  • Tonique et stimulante générale (positivante car les monoterpènes s’ionisent positivement)
  • Antiseptique atmosphérique (par diffusion, mais peu microbicide par contact)
  • Cortison-like (stimulante de l’axe hypophyso-corticosurrénalien, intéressante dans les états inflammatoires prolongés)
  • Décongestionnante
  • Antalgique
  • Lymphotonique
  • Stimule la microcirculation digestive

Indications :

  • Aérocolies (flatulences, ballonnements)
  • Spasmes abdominaux
  • Insomnies d’origine nerveuse, syndromes dépressifs
  • Névralgies
  • Syndrome prémenstruel, dysménorrhées, spanioménorrhées

Précautions d’emploi :

  • L’huile essentielle de certains chémotypes est cytotoxique sur cancers du sein et du pancréas (bêta-phellandrène)
  • Dermatites par photosensibilisation, mais pas de risque avec l’infusion du fait de la faible hydrosolubilité des furanocoumarines
  • Interactions potentielles avec la warfarine
  • Dermocaustique ; action révulsive sur la peau à l’état pur et agressive pour les muqueuses (rougeur, irritation, prurit)
  • Diluer dans 50% d’HV et pas d’usage prolongé
  • Éviter en association avec la cortisone
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte car induit des contractions utérine (limonène)
  • Inductrice enzymatique
  • Mutagénicité
  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 7 ans
  • Prudence en cas d’insuffisance rénale per os


Composants principaux majoritaires :

  • Hydrocarbures monoterpéniques 91% : α-pinène et bêta-pinène 24%, limonène 13%, α et bêta phellandrène 15%, delta carène 18%

Un peu d’histoire :

  • On l’a appelée Herbe du Saint Esprit car elle aurait sauvé Milan de la peste en 1510
  • Son nom viendrait du fait qu’elle fleurit à la Saint Michel Archange
  • Cazin rapporte le cas d’Annibal Camoux, mort en 1759 à l’âge de 121 ans et 3 mois, qui mâchait continuellement de la racine d’angélique
  • Une autre espèce, Angelica dahurica, est vasorelaxante et anti hypertensive
  • L’angélique chinoise Angelica sinensis possède un tropisme gynécologique

Originaire des pays scandinaves où elle est cultivée en grand au XIIe siècle. Son utilisation culinaire apparaît au XVIIIe siècle sous forme de confiserie (angélique confite) et de liqueur. On la connaîtra plus tard sur la galette des rois, sous la forme confite. 

L’angélique est donc cultivée en Scandinavie depuis le XIIe siècle, et depuis le XIVe siècle en Europe centrale (dans les monastères notamment).

L’angélique a beaucoup été utilisée en médecine traditionnelle (diurétique, sudorifique, emménagogue…). 

La légende raconte que l’Archange Raphaël apporta la racine d’angélique à Charlemagne, empereur d’Occident, pour sauver son armée malade de la peste. 

Si la plante est réputée chasser les mauvais esprits au Moyen Âge, c’est la peste à Niort en 1602 qui prend la place sur le devant de la scène. Pour se prémunir de la contagion, on mâche les feuilles et on s’attache des colliers de graines autour du cou. Bien sûr, on peut douter de l’efficacité de ce procédé. Cela dit, l’angélique est un puissant répulsif pour les puces.

L’angélique, dite encore « herbe aux anges », doit son nom à ses prétendues vertus magiques et à l’odeur aromatique suave et musquée qu’elle répand. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes.

Les médecins de la Renaissance la surnommaient « racine du Saint-Esprit », à cause de ses « grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies ». Ainsi Paracelse (1490-1541) rapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l’angélique en poudre dissoute dans du vin. Selon Olivier de Serres (1539-1619), la précieuse plante « sert à tenir la personne joyeusement ».

Édité en 1716, un Dictionnaire botanique et pharmaceutique à durable succès qualifie l’angélique de « stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. Elle résiste au venin. On l’emploie pour la peste, pour les fièvres malignes, pour la morsure du chien enragé, à laquelle on l’applique en cataplasme. On en avale un dragme contre la peste, qui chasse le venin par la sueur. » L’angélique pousse à l’état sauvage dans les régions septentrionales et en Europe centrale. Elle n’est plus guère cultivée pour la confiserie et la liquoristerie qu’à Niort et dans la plaine de la Limagne, au nord de Clermont-Ferrand.

Il en existe en France deux espèces sauvages : Angelica sylvestris, présente à peu près partout sauf sur le pourtour méditerranéen, et, sur les flancs du Canigou, la variété sauvage angélique de Razouls (Angelica razulii), où les amateurs la traquent dès le début de l’été, pour la Saint-Jean en particulier. Afin de la distinguer de la redoutable ciguë, il suffit de froisser quelques feuilles : l’angélique dégage une odeur agréable, alors que la ciguë empeste.

On lui prête de multiples vertus : les différentes parties de la plante possèdent en effet les diverses propriétés médicinales anciennement reconnues.

On la dit évoquée par Pline le Jeune, figurée sur les pièces de l’antique Lybie et cultivée dans l’Egypte ancienne 3000 ans avant notre ère. Certains latinistes en distinguent plusieurs variétés dont le nom de l’une évoquerait plutôt la férule qui servait à fouetter les esclaves, l’autre un remède.

Ce qui reste sûr : sa présence dans le Grand Nord ! Nous aurait-elle été apportée par les Vikings après la fondation de l’empire russe ? L’avaient-ils au départ ou bien l’ont-ils trouvée sur leur chemin en Russie ? d’où son autre nom  « Herbe de Bohème ».
Une chose est certaine, on trouve l’angélique dans les jardins des monastères d’Europe en l’an 1000.

Par contre, le mystère de son arrivée dans le Marais Poitevin n’est toujours pas percé…

Pendant plusieurs siècles, cette « herbe » est utilisée à la fois par les apothicaires et les sorciers.

Outre ses usages médicinaux, la plante est aussi utilisée comme aromate en boulangerie, en pâtisserie et en confiserie. Elle fait également partie de la composition de plusieurs liqueurs universellement célébrées, comme la Bénédictine et la Chartreuse. Elle entre dans la fabrication de certains gins, vermouths et, dit-on (puisque, dans ce cas, il s’agirait d’un ingrédient secret), de certains vins de type muscat produits dans la vallée du Rhin.

On se sert également de l’huile essentielle d’angélique en parfumerie et pour la fabrication de divers produits cosmétiques : savons, shampoings, crèmes et onguents. Elle a même servi à aromatiser des cigarettes… Bien qu’elle soit de la même famille que le fenouil, l’anis, le carvi et le cerfeuil, l’angélique possède un arôme différent de celui de ses cousins, ce qui l’a rendue populaire. Elle fait encore aujourd’hui l’objet d’un commerce relativement important.


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