Huile essentielle d’Anis vert

Selon le décret n° 2007-1198 du 3 août 2007, il est impératif que les huiles essentielles faisant partie de la liste B soient délivrées uniquement sur présentation d’une ordonnance médicale. Leur délivrance est réservée à l’industrie pharmaceutique car leurs effets indésirables potentiels (neurotoxicité, causticité, cancérogénicité, etc.) sont supérieurs aux bénéfices thérapeutiques attendus.

Dénomination latine :

  • Pimpinella anisum L.

Famille botanique :

  • Apiaceae (Umbelliferae)

Organe reproducteur :

  • Semence

Propriétés :

  • Œstrogen-like :
    • Diminue la phase pré-ovulatoire
    • Emménagogue
    • Facilite la délivrance
    • Galactogène
    • Douleurs menstruelles
    • Pré ménopause, ménopause
    • Sédative de SNA
  • Active sur l’étage gastrique, associé à foie-pancréas :
    • Antispasmodique digestive
    • Augmente les sécrétions gastriques (anti IPP)
    • Augmente le tonus basal et les contractions de la musculature lisse intestinale (augmentation du péristaltisme, « fluidifie les stagnations »)
    • Diminue les fermentations intestinales : carminative
    • Aérophagie, hoquet, nausées
    • Eupeptique, facilite la digestion, ouvre l’appétit
    • Cholagogue et cholérétique
  • Antispasmodique neuromusculaire (modificatrice réflexe du SNC et de la moelle épinière, d’où résolution musculaire et analgésie, tonique et stimulante
    • Antalgique dans les rigidités et contractures
    • Antispasmodique cardio-respiratoire
  • Stimule l’expectoration (anéthole), augmente les sécrétions pulmonaires par action directe sur les cellules et par stimulation des glandes de la muqueuse gastrique, ce qui engendre une évacuation réflexe du mucus bronchique
  • Spasmolytique intestinale, carminative
  • Acaricide
  • Analgésique central (anéthole)
  • Anticonvulsivante et neuroprotectrice
  • Anti-inflammatoire
  • Hépatoprotectrice, stimule la régénération du foie après hépatectomie partielle
  • Antifongique
  • La Pharmacopée tolère sa préparation à partir de l’anis étoilé Illicium verum HOOKER fill. (trans-anéthole)
  • Analgésique central et anesthésiant local
  • Antalgique pure dans les maladies inflammatoires, sans effet sédatif
  • Anti-inflammatoire, dans les inflammations aiguës non immunes, probablement par action inhibitrice sur la production et / ou la libération de PGE2 et de NO
  • Neuroprotectrice, des dérivés sont inhibiteurs de la monoamine oxydase B et augmentent le niveau de glutathion dans les cellules astrogliales (anethole dithiolethione)
  • Activité antivirale vis-à-vis d’Herpès simplex virus type 1 (HSV-1) in vitro, même sur des virus résistants à l’acyclovir
  • Parasympathomimétique à faible dose
  • Stimule la régénération du foie après hépatectomie partielle
  • Anti thrombotique, activité antiplaquettaire à large spectre, action vasorelaxante
  • Antifongique, synergique du polygodial dans les infections à Candida albicans et Saccharomyces cerevisiae
  • L’anéthole entre dans la composition du pastis, il est responsable du trouble qui survient lors de l’addition d’eau
  • Ses activités anti-inflammatoire, anti carcinogène, antidiabétique, immunomodulante, neuroprotectrice, anti thrombotique, sont liés à la modulation de plusieurs voies de signalisation telles que NF-kB, TNF-α et canaux ioniques
  • Antiallergique (quelle que soit l’expression locale du type d’allergie
  • Anti-infectieuse urinaire
  • Clé dans le traitement de la spasmophilie

Indications :

  • Troubles dyspeptiques, spasmes intestinaux
  • Insuffisance hormonale, ménopause
  • Insuffisance lactée
  • Asthme
  • Dyspnées neurotoniques
  • Spasmes pharyngolaryngés
  • Éréthisme cardiaque
  • Spasmes œsogastriques

Précautions d’emploi :

  • Inductrice des enzymes de phase II
  • Œstrogen-like, prudence en cas de cancers ou antécédents hormodépendants
  • Ne pas associer avec un traitement ostrogénique (y compris les estroprogestatifs)
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte
  • Prudence en cas d’hypothyroïdie
  • Interactions potentielles avec les médicaments du SNC (antalgiques, codéine, antidépresseurs, barbituriques…)
  • Effets mutagènes très modestes
  • Ne doit être délivrée uniquement sur présentation d’une ordonnance ou dans des préparations galéniques de la Pharmacopée
  • À hautes doses (toxicité aiguë), peut provoquer obnubilation et stupéfaction après atonie, gêne respiratoire, dépression puis hypnose, diminution de la température centrale, et, enfin coma
  • La toxicité chronique se traduit par une diminution des réserves lipidiques avec baisse pondérale
  • Réservée à l’adulte
  • Les conditions de stockage des H.E contenant du trans-anéthole doivent être rigoureuses : le trans-anéthole atoxique se transforme en effet par oxydation à la lumière en cis-anéthole toxique (teneur limite 0,5 %)
  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans le bain
  • Prudence en usage interne

Composants principaux majoritaires :

  • Phénols méthyl-éthers : trans-anéthole, chavicol ME = estragole 95%

Un peu d’histoire :

L’anis est originaire de l’est du bassin méditerranéen et d’Afrique du Nord, plus précisément du Moyen-Orient. L’anis est cultivé en Égypte depuis au moins 4.000 ans. D’anciens textes médicaux mentionnent l’utilisation des graines comme étant diurétiques, en cas de problèmes digestifs et de maux de dents.

Dioscoride, au Ier siècle de notre ère, écrit à son sujet que l’anis « réchauffe, sèche et dissout, facilite la respiration, soulage la douleur, favorise l’élimination urinaire et calme la soif ». Son emploi devait donc être très courant à l’époque.

Quant à Pline l’Ancien, il déclare qu’elle a « le pouvoir du sommeil et la jeunesse du visage. »

En Bourgogne, lors de la fondation de l’abbaye de Flavigny, en 719, des moines bénédictins inventèrent le célèbre bonbon, l’Anis de Flavigny, composé d’une graine d’anis enrobée de sirop de sucre. Aujourd’hui, aromatisé avec différents parfums, anis, violette, rose, réglisse, menthe. Il est considéré comme le plus ancien bonbon de France et, pour l’anecdote, Louis XIV ne se dépareillait jamais de sa petite boîte d’anis. 

L’anis était très apprécié des Romains parce qu’elle facilitait la digestion et ils en truffaient un petit gâteau qu’ils servaient généralement à la fin des orgies gastronomiques.

Elle était beaucoup utilisée au Moyen-Age, grâce à Charlemagne qui en avait ordonné la culture en 812.

En 1305, en Angleterre, l’anis fait partie des épices taxées pour la réparation du Pont de Londres. En 1453, il était encore sous la surveillance étroite de la Compagnie des épiciers de Londres.

Dans un autre ordre d’idée, sachons que Pline l’Ancien, environ 70 après J.-C, en a décrit les propriétés ostrogéniques ! Il eut la faveur des moines bénédictins depuis le VIIIe siècle.

L’anis vert entrait dans la composition de la « thériaque ».

L’anis avait déjà la réputation, en médecines traditionnelles chinoise et hindoue d’être aphrodisiaque et galactogène.

Cette Pimpinella est à distinguer du fenouil (le légume) ou de l’anis étoilé (la badiane de Chine, fruit d’un arbre exotique).

La présence de l’anis auprès de l’Homme ne date pas d’hier. Il était cultivé en Égypte il y a 4 000 ans (et on ne sera pas étonné de le retrouver au sein du papyrus d’Ebers).

En Inde, certains auteurs estiment qu’il est connu depuis le Ve siècle av. J.-C. Mais, figurant dans les Véda, il y a de fortes chances pour que son ancienneté remonte à plus loin dans le temps. Ayurvéda et médecine traditionnelle chinoise en firent l’usage et indiquaient déjà le rôle galactogène de l’anis.

Durant l’Antiquité classique, on retrouve l’anis sur les tables ainsi que dans les armoires à pharmacie. Aux temps de Pythagore puis d’Hippocrate, on vanta sa capacité qui permettait aux femmes d’accoucher plus facilement en respirant le parfum de cette plante, ce que d’antiques auteurs lui dénièrent. Mais, ceux-là, l’Histoire les a oubliés.

Ce qui n’est que justice, puisque les deux célèbres Grecs avaient raison. On en fit même des pastilles antivenimeuses, ainsi que des amulettes qu’on plaçait sous les oreillers afin qu’elles permettent aux dormeurs de chasser les mauvais rêves. Plus tard, Dioscoride indique que l’anis facilite la respiration, qu’il soulage les douleurs et qu’il apaise la soif. Ce qui, à ce jour, est toujours d’actualité. Chez les Grecs, on l’appelle tragion (1), pimpinella chez les Romains (mot qui désigne aussi les pimprenelles qui n’ont pas de rapport avec l’anis).

Le Moyen-Âge évoquera lui aussi les qualités thérapeutiques, aromatiques et culinaires de la plante à travers le Capitulaire de Villis, l’école de Salerne et Albert le Grand.
Cultivé en grand en Alsace au XIXe siècle, il est vrai que cette « semence chaude » (terme par lequel on désigne la coriandre, le fenouil, l’anis et le carvi) n’est pas issu de ces terres froides. En effet, il est originaire du Proche-Orient (Syrie, Turquie…). Ainsi, selon son aire de culture, la couleur de ses graines peut changer, ses qualités aromatiques également. Par exemple, on dit de l’anis de Tunisie qu’il est vert et doux, alors que l’anis russe, noirâtre, est de piètre qualité.

  1. Le mot grec tragion s’explique ainsi : cette plante était consommée par les boucs blessés par des flèches ! Une autre histoire de bouc transparaît à travers l’un des noms de l’anis, boucage odorant. Si elle a été appelée ainsi c’est en raison du fait que toute la plante dégage une forte odeur. On a donc fait une relation entre cette plante et le bouc, ce qui a mené d’anciens astrologues grecs à faire de l’anis une des plantes de la constellation du capricorne ! Un truc à rendre chèvre, en somme !


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