Huile essentielle de Sauge sclarée

Dénomination latine :

  • Salvia sclarea

Famille botanique :

  • Lamiaceae

Organe producteur :

  • Feuille, huile essentielle de plante fleurie

Propriétés :

  • Œstrogen-like sur fond thyroïdien (émotionnel)
    • Affections génitales des jeunes filles
  • Antispasmodique, sédative, et rééquilibrante
  • Anti-inflammatoire et antimicrobienne (bactéricide et antifongique in vitro, notamment vis-à-vis de Candida albicans et d’Aspergillus flavus, et antivirale)
  • Neurotonique et antidépressive
  • Relaxante, apaisante, sédative
  • Améliore la circulation artérielle, phlébotonique
  • Aphrodisiaque
  • Anti transpirante et régulatrice de la séborrhée
  • Astringente et tonique cutanée (linalol)
  • Régulatrice cardiaque (acétate de linalyle)
  • Antidiabétique
  • Antioxydante
  • Phlébotonique et neurotonique
  • Relaxante et anxiolytique, antistress pour les explorations urodynamiques dans l’incontinence urinaire féminine
  • Antidépressive par modulation des voies dopaminergiques
  • Inhibition de l’acétylcholinestérase et de la butyrylcholinestérase
  • Cicatrisante par voie externe
  • Insecticide vis-à-vis de la chenille phytophage Spodoptera littoralis

Indications :

  • Aménorrhées, dysménorrhées, règles excessives, douleurs lombaires
  • Leucorrhées, troubles de la trophicité vaginale
  • Migraines cataméniales
  • Dépression, excès nerveux, jeunes filles sensibles, pour calmer les « débordements émotionnels »
  • Cystites des jeunes filles
  • Varices, jambes lourdes, hémorroïdes
  • Oligoménorrhées
  • Pré ménopause, infections génitales par insuffisance hormonale
  • Troubles circulatoires
  • Prévention et traitement des maladies cardiovasculaires, améliore la récupération de la dysfonction endothéliale induite par le stress
  • Hypercholestérolémie
  • Dépression nerveuse
  • Chute de cheveux, pellicules
  • Transpiration excessive
  • Hyper séborrhée, acné, furoncles

Précautions d’emploi :

  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Contre-indiquée en cas de cancers ou antécédents hormonodépendants
  • Contre-indiquée chez les enfants ou les adolescents non pubères
  • Attention à d’éventuels effets gynécomastiants en usage prolongé, l’acétate de linalyle et le linalol (son alcool) montrent une activité anti-androgénique et une faible activité ostrogénique en se liants aux récepteurs aux œstrogènes. Ces molécules empêchent la production de testostérone. À éviter en usage prolongé chez les individus de sexe masculins en tant que perturbateur endocrinien !
  • Eviter en association avec des œstrogènes

Composants principaux majoritaires :

  • Esters 80 % : acétate de linalyle 74 %
  • Monoterpénols 12 % : linalol 10 %

Un peu d’histoire :

La sauge, qui tire son nom du latin salvare, guérir, est médicinale depuis l’Antiquité. En médecine grecque, Dioscoride (Ier siècle) la considère, en décoction par voie orale, comme emménagogue, diurétique, tonique et hémostatique. En lotion, elle calme le prurit des organes génitaux. En médecine arabe (Ibn al-Baytar, XIIIe siècle), le vin de sauge « est avantageux contre la rétention des menstrues, l’expectoration sanguine, les douleurs de reins et de la vessie ».

Plante médicinale des monastères, puis des jardins particuliers dès le IXe siècle, elle devient une panacée avec Sainte Hildegarde au XIIe siècle.

L’huile essentielle est obtenue par distillation dès 1580. Cazin (XIXe siècle) ajoute aux propriétés décrites par les Grecs ses actions antispasmodique, fébrifuge, hypoglycémiante et anti transpirante. Leclerc (XXe siècle) précise que la sauge enraye les toux chroniques et arrête les sécrétions de lait au moment du sevrage. En bain de bouche et en gargarisme, elle est utile contre les gingivites, les aphtes et les inflammations des amygdales. Il précise que l’une des vertus les mieux établies est « l’action qu’elle exerce sur l’appareil génital de la femme » dans l’absence ou l’irrégularité des règles et les désordres de la ménopause.

Plante de jardin de curé, la Sauge sclarée est cultivée depuis des siècles. Utilisée comme aromate dans les préparations culinaires ou des boissons alcoolisées, Salvia sclarea est surtout remarquable pour ses propriétés médicinales qui lui ont valu son appellation de sauge « toute bonne ».

Obtenue par distillation à la vapeur d’eau des inflorescences, l’huile essentielle de sauge sclarée est également utilisée dans la composition des vermouths et, surtout, en parfumerie fine.

Connue depuis l’an 800 en Europe, la sauge sclarée est robuste, très aromatique.

La sauge est reconnue depuis très longtemps en tant que plante curative. Au Moyen Age, la sauge sclarée avait pour surnom « œil clair » car on lui prêtait un pouvoir dans le traitement des yeux.

Dans la bible, la sauge est mentionnée comme une des herbes que Salomon utilisait pour purifier son temple. Prêtres, alchimistes et guérisseurs en Europe et en Asie pensaient que cette plante permettait de mieux distinguer le bien du mal et de développer maturité et sagesse. Considérée comme un trésor des dieux, elle était utilisée pour conjurer les esprits. Au XVIIIème siècle, on roulait des feuilles de sauge séchées à la place du tabac.

La sauge se plaît dans les régions méridionales, mais reste très commune partout en Europe. Pour les Egyptiens et pendant le Moyen Age, la sauge était considérée comme une plante sacrée car elle rentrait dans de nombreux rites de purification et de potions magiques. Dans la médecine traditionnelle, elle était une référence. De nos jours, elle est très cultivée dans nos jardins comme plante aromatique et condimentaire.

Entre la sauge officinale et la sauge sclarée, c’est du 10 contre 1. Si la littérature croule d’informations concernant la première, force est de constater que la partie congrue échoie à la seconde.

Les traces les plus anciennes qui concernent la sauge sclarée semblent remonter à 2000 ans environ. Dioscoride évoque un horminon qui pourrait bien être la plante du jour.
Mentionnée dans le Capitulaire de Villis (fin VIIIe siècle), on la retrouve peu après sous la plume de Strabon (Hortulus, 827) qui regrettait qu’elle soit, contrairement à l’officinale, aussi peu employée médicinalement, bien qu’elle ait hérité de noms vernaculaires élogieux à ce sujet : herbe aux plaies, toute-bonne, etc.

Au XIVe siècle, on la rencontre sous l’étrange appellation d’orvale alors que deux siècles plus tôt, Hildegarde la recommande comme antitoxique, digestive et antimigraineuse.
Cultivée en grand au XVIe siècle, elle eut ses entrées un siècle plus tard à la cour du roi Louis XIV qui, selon toute vraisemblance, l’utilisait abondamment. Puis, la sclarée est lentement tombée dans l’oubli pour ressurgir au XIXe siècle. De nouveau cultivée en grand pour être ensuite abandonnée, elle reviendra en force au XXe siècle (aromathérapie, parfumerie).


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