Huile essentielle d’Hélichryse italienne

Dénomination latine :

  • Helichrysum italicum

Famille botanique :

  • Asteraceae

Organe producteur :

  • Parties aériennes fleuries

Propriétés :

  • Impact vasculaire majeur, c’est LA plante de la circulation sanguine
    • Anticoagulante, fluidifiante sanguine (active dans la microcirculation artérielle)
    • Spasmolytique vasculaire (vaso-coronaro-dilatatrice), pré-infarctus
    • Anti-hématome (internes et externes, même anciens)
    • Fibrinolytique
  • Anti-inflammatoire, antalgique
  • Mucolytique, anti catarrhale, expectorante
  • Insuffisances hépatiques légères
  • Antidiabétique
  • Cicatrisante cutanée (hématomes avec plaie)
  • Hypocholesthérolémiante
  • Antimicrobienne (réduit la résistance des bactérie Pseudomonas aeruginosa, Enterobacter aerogenes, Escherichia coli, Acinetobacter baumannii) aux antibiotiques comme les bêta-lactamines ou les quinolones en inhibant les pompes à efflux qui rejettent le médicament hors de la bactérie
  • Antifongique démontrée sur plusieurs souches de Candida albicans
  • Puissante activité anti hématome (supérieure à celle de l’arnica par voie locale)
  • Les propriétés anti-ecchymotiques et anti-hématomes s’expliquent par les bêtadiones (italidiones I, II, III) qui facilitent leur résorption ultra-rapide par un mécanisme de chélation de la fibrine. Ces propriétés anti-hématomes des bêtadiones seraient liées au passage de la forme dionique à la forme énolique (équilibre entre les deux formes)
  • Anti-âge, l’huile essentielle d’Helichrysum italicum inhibe les activités de la collagénase et de l’élastase, effet comparable à celui de l’acide oléanolique, triterpène pentacyclique protecteur de la peau
  • Anti-allergique
  • Antiproliférative
  • Antimutagène, surtout en mélange à parties égales entre Helichrysum italicum, Ledum groenlandicum, Ravensara aromatica

Indications :

  • Couperose, varicosités, acné rosacée, syndrome de Raynaud
  • Ecchymoses, bleus, chocs, œdèmes, traumatismes circulatoires
  • Artérite, polyarthrite (réduction des traumatismes osseux, réduction de fractures, maladie de Dupuytrens, canal carpien)
  • Rétention hydrolipidiques, cellulite
  • Contusion, blessure, cicatrice, jambes lourdes
  • Rides, herpès labial
  • Hématomes externes mêmes anciens, phlébites et para phlébites, acrosyndrome
  • Bronchite, rhinopharyngite
  • Rhumatismes, arthrite
  • Hypercholestérolémie, bourdonnements d’oreille

Précautions d’emploi :

  • Contre-indiquée chez la femme enceinte (abortive) ou allaitante
  • Réservée à l’adulte
  • Ne pas avaler
  • Ne jamais dépasser la posologie de 3 gouttes 2 fois par jour en usage externe (soit pas plus de 6 gouttes)
  • Éviter chez les patients sous anticoagulants, interactions vraisemblables avec les antiagrégants
  • Pas d’usage prolongé
  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans le bain
  • Interdite en usage interne
  • Contenant des cétones et des sesquiterpènes, risque d’auto toxicité par interactions moléculaires
  • Interdite aux animaux
  • Dermocaustique, révulsive cutanée à l’état pur, dilution requise
  • Ne pas associer avec la cortisone, risque d’interaction médicamenteuse
  • Le limonène est inducteur enzymatique
  • Prudence chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes, épileptiques, asthmatiques, âgées ou atteintes de parkinson, ainsi qu’aux personnes neurosensibles
  • Risque de neurotoxicité pouvant induire des crises épileptiques à hautes doses
  • Usage cutané seul préconisé

Composants principaux majoritaires :

  • Esters (45 – 55 %) : acétate de néryle
  • Monoterpènes 17 % : limonène, pinènes
  • Sesquiterpènes 13 % : gamma-curcumène
  • Cétones (5 – 10 %) : β-dicétones (italidiones I, II, III)

Un peu d’histoire :

  • L’immortelle est présente en Corse pour le taxon « ssp italicum » littoral, maquis et pierriers
  • Le taxon « ssp serotinum« , plus continental, ne se trouve pratiquement pas en Corse
    • Helichrysum italicum subsp. italicum est l’immortelle d’Italie à proprement parler
    • Helichrysum italicum subsp. serotinum (DC.) P.Fourn. Elle se distingue de l’espèce type par des capitules plus ovoïdes et des akènes dépourvus de glandes

Les fleurs jaune d’or étaient appréciées des Anciens, les Grecs en faisaient le symbole de l’amour. Elle était réputée cicatriser les plaies des guerriers et dégager les bronches.

Pline l’ancien (Ier siècle) rapporte dans son Histoire naturelle que l’immortelle résout les duretés et les inflammations, soulage les brûlures en application locale, et les douleurs lombaires et les morsures de serpent par voie orale.

En Italie, en Espagne, au Portugal et en Bosnie-Herzé-govine, l’hélichryse est traditionnellement utilisée dans les refroidissements, la toux, les affections cutanées et les insuffisances hépatiques.

On désinfectait l’air à l’aide de l’immortelle au cours de l’épidémie de grippe espagnole.

En médecine populaire, l’huile essentielle est indiquée dans les hématomes, dans les blessures et également dans les allergies et les hépatites.

Selon l’Odyssée (Homère), Ulysse, le héros de la mythologie grecque, fit naufrage sur une île. Il rencontra finalement une femme du nom de Nausicaa (fille du roi des Phéaciens, qui recueillit Ulysse sur l’ordre de la déesse Athéna) qui était presque aussi belle qu’une déesse. En conclusion son secret de beauté tenait à l’usage d’huile d’Hélichryse Italienne.

La mythologie grecque associe l’immortelle au dieu Apollon, dont on raconte qu’il se coiffait parfois de ses fleurs jaunes pour rappeler, à tous, sa propre immortalité.

Dans le sud de la France, de mémoire des anciens, l’Hélichryse a toujours été cultivée. Plus précisément Bandol et ses environ (Sixfour, Sanary) sont devenus le centre de la culture de l’immortelle vers 1835.
On cultivait l’Hélichryse et ensuite les tiges étaient teintées en rouge, vert puis on en faisait des couronnes mortuaires.

Tombée en désuétude au siècle dernier, tout juste bonne à brûler les soies des porcs ou faire du feu, voire considérée comme invasive, on en redécouvre aujourd’hui les propriétés exceptionnelles. Ce qui lui vaut d’être à nouveau très convoitée et…devant être protégée. Sa cueillette est notamment réglementée en Corse.

Odeur caractéristique de la Corse, Napoléon lui-même prétendait « sentir la Corse » à travers un bouquet d’Immortelles. Le nom « Immortelle » viendrait de la longévité exceptionnelle de ces fleurs couleur or qui ne fanent pas, même dans les bouquets séchés. En Chine, elle symbolise la mémoire des morts dont le souvenir reste longtemps après leur décès. Au Royaume-Uni, l’Immortelle a été utilisée en 1952 comme ornement pour la couronne d’Elisabeth II d’Angleterre comme symbole de pérennité pour son règne.

Coutumière du bassin méditerranéen (Corse, Sicile, Sardaigne, Croatie, France…), l’hélichryse pousse sur des sols incultes et ingrats, arides, rocailleux et caillouteux. Autant dire que sous ses pieds la terre est sèche et que, au-dessus d’elle, éclatant le soleil. Vivace, d’une taille comprise entre 40 et 50 cm de hauteur, l’hélichryse est formée de tiges portant des feuilles étroites et grisâtres se ponctuant de corymbes de petites fleurs jaunes.

La structure morphologique qu’est le corymbe fait que toutes les fleurs se situent dans le même plan. Le pédoncule de chacune s’attache à la tige selon des points qui décrivent une spirale. C’est une caractéristique que l’on retrouve dans le nom latin de l’hélichryse. En effet, helix signifie spirale, on retrouve ce mot dans le nom latin du lierre, Hedera helix.

Helios, le soleil, semble lui aussi inscrit dans son nom. Quant à la seconde fraction du nom de l’hélichryse, elle provient d’un mot grec – chrysos – qui signifie doré et sacré. Aussi, notre plante serait-elle une spirale et/ou un soleil d’or sacré. Quand on sait que cette plante fut l’un des nombreux attributs d’un dieu solaire traversant les cieux juchés sur un char flamboyant, on comprend mieux à quelle dimension renvoie le nom de l’hélichryse.

En effet, Apollon portait une tiare de ces fleurs que l’on surnomme parfois immortelles quand il rendait ses oracles, mais également pour affirmer et rappeler son statut d’être immortel. Il est bien connu que sur la tête des dieux les fleurs jamais ne flétrissent. Aussi, quoi de mieux que l’immortelle pour assurer cette fonction ? Mais cela est d’autant plus pertinent du fait que l’hélichryse s’appelle immortelle parce que, une fois coupée, elle semble encore douée de ses forces vives. C’est pour cette raison qu’on aura confectionné des couronnes de fleurs d’hélichryse pour les déposer sur la tête des statues figurant les divinités. Un usage relaté par Pline et Dioscoride et, bien avant, par Théophraste. Selon lui, la couronne d’hélichryse apportait gloire et bonne renommée. Et si l’hélichryse renvoie à l’or, il est alors question de richesse spirituelle et de fécondité, une symbolique que souligne encore celle de la spirale.

Il est également permis de voir un parallélisme marquant entre le corymbe qui est une cime, un sommet, et la couronne qui coiffe le chef. La forme circulaire de l’un et de l’autre indique perfection et participation à la nature céleste. Ces deux structures « captent les vertus du ciel, à quoi elles ressemblent par la forme, et du dieu, à qui leur matière les assimile ». Enfin, l’hélichryse semble entretenir une relation symbiotique avec le sol sur lequel elle pousse, siliceux, autrement dit formé de sable. « Purificateur, [il] est liquide comme l’eau, abrasif comme le feu ».


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