Huile essentielle de Giroflier

Dénomination latine :

  • Eugenia caryophyllus

Famille botanique :

  • Myrtaceae

Organe producteur :

  • Boutons floraux dits « clous » (séchés à l’air), et pédicelles appelés « griffes »

Propriétés :

  • Antivirale, antifongique
    • Inhibition de la croissance d’Helicobacter pylori
  • Antibactérienne pathogène buccale (prevotella intermedia, notamment)
  • Antiseptique dentaire et antalgique dentaire (inhibe la conduction nerveuse)
  • Stimulante générale, neurotonique, dynamisante cérébrale, antiasthénique, aphrodisiaque
  • Tonique utérine dans la préparation à l’accouchement (à utiliser avant, pendant et après)
  • Stimulante digestive et intestinale, carminative, antiputride
    • Propriétés désinfectantes et purifiantes permettant la suppression des fermentations
  • Parasiticide
  • L’eugénol est anti-inflammatoire, il freine la formation d’œdèmes et d’arthrite, réduit les réactions inflammatoires provoquées par les piqûres d’insectes par inhibition de la synthèse des prostaglandines et réduction du chimiotactisme des globules blancs
  • Spasmolytique inhibant les spasmes induits par l’acétylcholine, le carbachol, l’histamine, la nicotine (tests réalisés sur organes isolés)
  • Protection des organes endommagés par des composés carcinogènes
  • Freine l’agrégation plaquettaire (essais in vitro)
  • Répulsive mouches et mites
  • Active sur le SNA pƩ+
  • Tonique glandulaire, active sur :
    • Les ovaires
    • L’hypophyse
    • La thyroïde (équilibratrice)
    • Les surrénales
  • Antibactérienne très puissante à large spectre d’action, bactéries Gram positif (Staphylococcus aureus), Listeria monocytogenes, et Gram négatif : Pseudomonas aeruginosa, souvent responsables de maladies nosocomiales, Escherichia coli, inhibition du biofilm de certains germes, bactéries et fongi
  • Anti-biofilm bactérien, les huiles essentielles de cannelle de Chine, de girofle, de tea tree, de baume du Pérou et de thym rouge sont plus efficaces pour éradiquer les biofilms de Pseudomonas et Staphylococcus aureus que certains antibiotiques, ce qui constitue un énorme potentiel pour la découverte d’alternatives ou de compléments aux antibiotiques
  • Antifongique vis-à-vis de Candida albicans, Cryptococcus neoformans, Aspergillus fumigatus, intérêt dans les vaginites mycosiques, avec effet antioxydant
  • Immunostimulante, augmente le nombre de leucocytes, s’oppose à l’immunosuppression induite par le cyclophosphamide
  • Antiallergique par inhibition de la libération d’histamine par les mastocytes
  • Anti-oxydante
  • Antalgique, analgésique par voie locale, anesthésiante de la cavité buccale et cautérisante pulpaire
  • Hypertensive
  • Antiagrégante plaquettaire

Indications :

  • Maladies tropicales, paludisme
  • Complications infectieuses du post-partum
  • Hépatites virales et entérocolites virales
  • Entérocolites spasmodiques
  • Odontalgies
  • Migraines
  • Suite de couches, dépression du post-partum, « peurs » contradictoires de l’accouchement
  • Contracture musculaire
  • Gale, poux
  • Troubles digestifs, diarrhées, dysenteries, infections diverses, petites plaies
  • Antalgique dans les affections de la cavité buccale et de l’oropharynx
  • Angines et pharyngites, bronchites aiguës ou chroniques, bronchites asthmatiformes, sinusites, malaria, amibiases, zona, herpès simplex
  • Arthrite, rhumatismes
  • Infections urinaires et intestinales : fermentations, diarrhées, cystites, dysmicrobisme intestinal
  • Mycoses cutanées et parasitoses
  • Asthénie intellectuelle (manque de concentration) et sexuelle (frigidité, impuissance)
  • Hypotension
  • Faciliterait l’accouchement
  • Infections buccales : abcès, aphtes, stomatites

Précautions d’emploi :

  • Risque d’hépatotoxicité per os
  • Dermocausticité à l’état pur, dilution requise
  • Réservée à l’adulte
  • Pure, elle est irritante pour les muqueuses et la peau, toxique pour le foie et neurotoxique à forte dose, convulsivante et dépressive du système nerveux central.
  • Ne pas inhaler, ni diffuser, ni mettre dans le bain
  • Pas plus de 10 jours d’utilisation
  • Interactions médicamenteuses avec les huiles essentielles contenant des sesquiterpènes à plus de 10 %
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • La métabolisation hépatique peut provoquer une hépato toxicité, il convient de toujours les diluer et de les associer avec d’autres H.E bien tolérées, afin de les « couper » et de diminuer leur proportion dans le mélange final
  • Interdite chez les animaux
  • Éviter l’association avec les anticoagulants
  • Interactions potentielles avec la warfarine
  • L’intoxication aiguë peut provoquer coma, coagulopathie et lésions hépatiques, syndrome similaire à celui induit par un surdosage important de paracétamol (thérapeutique similaire)
  • Cytotoxique

Composants principaux majoritaires :

  • Phénols 83 % : eugénol
  • Esters 10 % 

Un peu d’histoire :

Cultivés depuis longtemps sur les îles Moluques, les clous de girofle font partie de la médecine ayurvédique (1500 av. J-C.).

Les asiatiques savent que le girofle est « ôn ty vi », c’est à dire calme les maux de ventre, les nausées et les diarrhées (Dr Nguyen Van Xuxen, Phytotherapy 7).

L’empereur romain Constantin Ier en aurait procuré au pape Sylvestre Ier sous le nom de « caryophyllata », vers 315-330.

Les clous de girofle ont longtemps fait l’objet d’un commerce (ports de Venise et de Gênes avec les îles Moluques), que les envahisseurs portugais sont venus interrompre. Les portugais ont alors le monopole du marché de cette épice.

Les Hollandais, à leur tour, vers 1605, envahissent les îles Moluques et chassent les Portugais. Pour obtenir ce monopole commercial, les Hollandais détruisent nombre de plantations de girofliers. Ainsi concentrent-ils l’ensemble des cultures sur les îles d’Amboine et Ternate.

C’est par l’intermédiaire de petites boutures, prélevées à l’île Maurice que les Français, vers 1769, introduisent des cultures d’abord en Guyane française (1793), puis à Zanzibar.

Le commerce des épices précieuses a été florissant.

Le clou de giroflier est un bouton floral non épanoui, il est connu de la médecine indienne védique (1500 av. J-C.) et de la médecine chinoise depuis 2 siècles av. J-C.

Pierre Poivre introduit clandestinement au XVIIIe siècle des girofliers à l’île Maurice.

La médecine arabo-persane lui prête des effets bénéfiques sur « l’incontinence urinaire et la difficulté d’uriner liée au froid ». Pris avec du petit lait, il excite au coït. Il parfume l’haleine, fortifie les gencives, l’estomac et le foie, et calme les vomissements. Pris en collyre, il fortifie la vue.

Valnet (XXe siècle) signale que l’huile essentielle servait à la désinfection des mains des chirurgiens, des accoucheurs et des infirmières, et au nettoyage des plaies et du cordon ombilical comme le rapporte également Leclerc (XXe siècle).

De tout temps, cette épice mondialement connue a servi à traiter les caries dentaires, les infections buccales et la combler les dents creuses. L’huile essentielle sert aujourd’hui en pharmacie, en agro-alimentaire et en parfumerie.

Des restes de cuisine calcinés contenant des clous de girofle ont été retrouvés en Syrie et sont datés d’environ 1 700 ans avant notre ère. L’attestation de leur utilisation par la médecine ayurvédique est presque aussi ancienne. Pline l’Ancien fait allusion à une épice semblable au poivre et appelée garyophyllon, dont on fait commerce pour son parfum.

La première mention de présence en Europe datée du IVe siècle, lorsque l’empereur Constantin Ier en fait cadeau à saint Sylvestre, alors évêque de Rome.

Il y a quelques décennies, la culture du clou de girofle servait à la production de vanilline de synthèse (arôme vanille). Aujourd’hui, la plus grande partie de la production mondiale est destinée à la fabrication des cigarettes kreteks, consommées en Indonésie.

Fruit d’un arbre endémique de l’archipel des Moluques en Indonésie, le clou de girofle débute sa carrière en médecine ayurvédique il y a plus de 3 500 ans. Bizarrement, les Chinois, géographiquement proches, ne s’en seront pas encore emparés. Plus curieux, à une époque assez similaire, on retrouve le clou de girofle en Égypte : des colliers de clous ont été découverts en compagnie de momies. Les Égyptiens de l’Antiquité estimaient que de tels colliers éloignaient les sortilèges. Cela ne vous rappelle rien ? Se balader, où qu’on aille, avec une petite boîte remplie de diverses épices et aromates pendue au cou jouait peu ou prou le même rôle au XVIIIe siècle en France. En Europe du nord, on rencontre une pratique assez semblable : une pomme, ensuite une orange, piquée de clous de girofle, comme protection contre la peste, autre forme de sortilège…

Le clou de girofle ne pénètre que tardivement l’empire du milieu, aux environs du IIIe siècle av. J.C., seulement. Alors, les courtisans de l’empereur se livraient à une curieuse coutume : avoir en bouche quelques clous de girofle, réputés contre la mauvaise haleine, afin que les sujets de sa majesté ne l’indisposent pas !

Plus tard, au IVe siècle ap. J.C., par l’entremise des Arabes, le clou de girofle fait son apparition en Europe occidentale. Mais il faudra véritablement attendre le Moyen-Âge avant que les marchands d’épices fassent fortune en dotant les riches tables médiévales de cannelle, de poivre, de clous de girofle et de précieux gingembre. Toutes ces saveurs orientales s’inscriront profondément dans l’art culinaire médiéval, à tel point qu’on ne compte plus les recettes qui contiennent une de ces épices sinon plusieurs. L’usage du clou de girofle ne s’arrêtera pas qu’en cuisine, il franchira la porte des apothicaires. Hildegarde de Bingen mentionne déjà son utilisation.

Par la suite, on lui accordera différentes propriétés dont celles de soulager les douleurs, de cicatriser les blessures, de fortifier l’estomac et de prévenir de la peste. Mais l’intérêt croissant pour le clou de girofle n’en est alors qu’à ses balbutiements.

Au XVIe siècle, le clou de girofle entre dans une nouvelle ère de son histoire : ce ne sont pas moins que Fioravanti, Ambroise Paré et Paracelse qui se penchent sur son cas, puis, plus tard, Garus, les carmes déchaussés, Sydenham… Chacun y va de son élixir, de son baume ou de son cordial, toutes recettes savamment élaborées et contenant du clou de girofle…

Tout comme c’est le cas des canneliers et des bigaradiers, le giroflier est susceptible de produire de l’huile essentielle dans toutes ses parties : feuilles, racines, etc. Celle qui nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui est celle que l’on extrait du clou. Mais qu’est-il au juste, ce clou ? Il s’agit de la fleur du giroflier, à un stade de développement où le bouton floral n’est pas encore éclos; autrement dit, la petite boule se situant à l’extrémité de la griffe.


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