Huile essentielle de Ciste labdanifère

Dénomination latine :

  • Cistus ladaniferus L.

Famille botanique :

  • Cistaceae

Organe producteur :

  • Rameaux feuillus

Propriétés :

  • Ciste = Coagulante = Cicatrisante (régénérant du tissu cutané et muqueux)
  • Antihémorragique puissante
  • Développe la circulation collatérale artério-veineuse (action bénéfique sur la paroi veineuse, ↑ l’élasticité des gros troncs dilatés –varices, artérite-)
  • Anti-inflammatoire vasculaire
  • Régulation immunitaire : anti-infectieuse, antivirale (effet démontré vis-à-vis du virus de l’herpès HSV1), antimicrobienne (effet de l’α-pinène démontré in vitro vis-à-vis du staphylocoque doré, d’Escherichia coli, de proteus mirabilis, de pseudomonas aeruginosa et de klebsiella pneumoniae)
  • Antifongique (effet démontré sur Candida albicans et dermatophytes)
  • Neurotonique, régulatrice neurovégétative, harmonisation du pƩ
  • Evite le vieillissement cutané
  • Anti dégénérative
  • Tonique et stimulante générale (positivante, car les monoterpènes s’ionisent positivement)
  • Désclérosante
  • Immunostimulante
  • Action centrale sur les rythmes : réordonnancement, restructurante intérieure (physique, biologique, immunitaire, émotionnelle et psychologique)
  • L’α-pinène est expectorant en réduisant les sécrétions bronchiques et inhibe l’acétylcholinestérase qui dégrade l’acétylcholine, déficiente dans la maladie d’Alzheimer
  • Astringente et hémostatique, cicatrisante (l’huile essentielle peut être employée pure sur un coton-tige dans les épistaxis ou sur de petites blessures)
  • Utilisable en dermatologie et immunologie
  • Cortison-like (stimulante de l’axe hypophyso-corticosurrénalien, intéressante dans les états inflammatoires prolongés)
  • Action très ciblée sur les tissus d’origine ectodermiques (peau, SNC, organes des sens, glandes endocrines et médullosurrénales) – cétones
  • Lymphotonique et décongestionnante
  • Lipolytique (utile pour dissoudre les mucosités bronchiques lipidiques d’origine alimentaire, ainsi que les accumulations de matières grasses dermiques (obésité)

Indications :

  • Crevasses
  • Maladies infantiles
  • Scarlatine
  • Coqueluche
  • Plaies saignantes
  • Rectocolites hémorragiques
  • Polyarthrite rhumatoïde
  • Sclérose en plaque
  • Maladie de Crohn
  • Fibrome utérin
  • Gerçure, crevasses
  • Escarres, ulcères putrides
  • Infections cutanées
  • Localement : épistaxis, coupures, blessures, cicatrices récentes, acné, plaies infectées, fissure anale, maladies virales éruptives (varicelle, rougeole)
  • Utilisée dans des préparations contre le vieillissement cutané, les rides et vergetures en raison de ses propriétés astringente et tonique cutané
  • Bronchites aiguës et chroniques, BPCO
  • Arthrose, troubles articulaires, sciatiques, contractures musculaires

Précautions d’emploi de l’huile essentielle :

  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans l’eau du bain
  • Ne pas avaler
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte (abortive) ou allaitante
  • Réservée à l’adulte
  • Risque de neurotoxicité pouvant induire des crises épileptiques à hautes doses
  • Non adaptée au traitement de plaies importantes
  • Interaction potentielle avec les traitements anticoagulants
  • Cortison-like, ne pas associer avec la cortisone
  • Allergène par contact
  • Pas de mutagénicité au test d’Ames
  • Inhibition forte du cytochrome P-450, sous-famille 2B : CYP450 2B1, CYP450 2B6 (α-pinène)
  • Signes de surdosage : douleurs abdominales, nausées, vomissements, excitation passagère, ataxie, confusion, convulsions, cystalgies, albuminurie, hématurie, insuffisance respiratoire (à très forte dose)
  • Risque de cancérogénicité (α-pinène)
  • Interactions médicamenteuse avec les huiles essentielles contenant des sesquiterpènes (hydrocarbures sesquiterpéniques) à plus de 10%
  • Pas d’usage interne
  • Dermocausticité à l’état pur, dilution requise
  • Interdite chez les animaux

Spécificité biochimique :

  • Monoterpènes : α-pinène 50 %
  • Cétones 10% : triméthylcyclohexanone
  • Monoterpénols 10%

Un peu d’histoire :

Le Grec Dioscoride, vers 60 après J.-C, dans son traité De materia medica, qui restera le manuel médical le plus utilisé pendant près de 1500 ans, préconise le ciste comme un souverain remède des plaies, des ulcères, des brûlures et dysenteries…

Pour Matthiole : « Les feuilles et bourgeons broyés dessèchent si fort et retreignent qu’ils soudent les plaies. Mais les fleurs sont plus efficaces…; appliquées en cataplasme, elles sont singulières aux ulcères pourris… »

Dans l’Antiquité sur l’île de Crète, le labdanum s’obtenait en frottant les feuilles collantes avec un râteau sans dent sur lequel on fixait des languettes de cuir : la résine accrochée aux languettes était alors raclée et récupérée. On recourait également à d’autres méthodes comme l’immersion des feuilles dans l’eau chaude ou en faisant passer des chèvres dans les buissons de cistes et en récoltant la gomme collée sur les poils des animaux. Cette pratique s’est perpétuée au Maroc.

On conseille également le ciste comme cicatrisant, hémostatique et stimulant nerveux.

L’odeur rappelle celle de l’ambre gris.

Employé en Turquie pour provoquer léthargie et engourdissement, l’essence obtenue entre dans la composition des parfums appartenant aux familles des chyprés ou des ambrés, comme note de fond (c’est un des rares végétaux à posséder des notes animales).

Durant les chaleurs de l’été, les poils glandulaires des feuilles et des tiges sécrètent une résine aromatique (le ladanum) devenant opaque. Celle-ci donne à la plante un aspect gris-plomb presque irréel.

Le nom de genre Cistus a été donné à ces plantes par Joseph Pitton de Tournefort. Les Egyptiens et les Grecs l’appelaient Ladanas, Ladanon (gomme contenant l’huile essentielle). Il figurait dans le groupe des arômes sacrés avec l’encens, le cèdre, la myrrhe, le galbanum, les baumes et le térébinthe (pistacia).

Le labdanum était traditionnellement récolté par les pâtres Crétois sur la barbiche des chèvres et la laine des moutons, soit en raclant les rameaux feuillés de cistes à l’aide d’une lanière de cuir ou de cordes.

Arbrisseau méditerranéen pouvant atteindre 2 m de haut.
Ses grandes fleurs blanches, fines et soyeuses, éphémères (elles ne durent qu’une journée) présentent sur chaque pétale une macule basale brune.

Les feuilles sessiles, sont ovales. Elles sont visqueuses en raison de la production d’une résine par les poils sécréteurs.
Il existe deux catégories de cistes : les cistes à fleurs roses à violettes et les cistes à fleurs blanches.

La fleur en séchant donnera un fruit, une capsule à cinq loges remplies de graines. Le nom cistus est issu du grec  »kiste » signifiant « panier » et faisant allusion à la forme de ce fruit.

Les cistes sont connus, en médecine, en cosmétique, en aromathérapie depuis des siècles pour les qualités de leur gomme.

Dans l’Antiquité, le labdanum ou ladanum était utilisée comme gomme pour la parfumerie, elle était extraite du Lédon, du ciste à gomme (Cistus ladanifer ou Cistus ladaniferus).

Le ladanum est cité dans de nombreux textes égyptiens. En Crète et à Chypre, cette gomme était utilisée comme astringent et cicatrisant mais aussi pour traiter les diarrhées…

Si les résines et les essences qu’ils diffusent protègent les feuilles de la sécheresse, la plante peut, parait-il, s’enflammer si la température dépasse 32 degrés.

Tout autour de la Méditerranée vivent plusieurs populations de cistes. En effet, ces plantes se comptent par dizaines d’espèces. C’est pourquoi les sources antiques le mentionnent ici ou là, alors qu’en réalité il s’agit de plantes quelque peu différentes.

Si la botanique les distingue, on note cependant des emplois assez identiques, qu’on soit en Tunisie ou en Grèce.
Peut-être le premier, Hérodote rapporte que le ciste était déjà exploité de son temps. À l’origine on récoltait sur le poil des chèvres qui courraient les campagnes sèches et arides une substance poisseuse que secrète le ciste par temps chaud, le labdanum.

C’est une coutume ayant apparemment perduré, puisque, plus tard, Dioscoride et Pline relatent des faits identiques. Durant l’Antiquité, la Crète est exportatrice de labdanum, autant dire que cette matière constituait alors une véritable manne. Le labdanum crétois (issu de Cistus villosus) fut tout d’abord récolté avec l’aide des chèvres, puis l’ingénierie de l’époque fit appel à un outil, le ladanisterion. Il ressemble assez dans sa structure à un râteau. À cela près qu’en lieu et place des dents, on trouve de longues lanières de cuir. A l’aide du ladanisterion, on brossait les cistes dont la gomme résineuse venait adhérer au cuir des lanières. Ce mode opératoire, toujours d’actualité, est, semble-t-il, endémique aux territoires est du bassin méditerranéen.

En Espagne, on coupait les rameaux résineux que l’on faisait ensuite bouillir dans l’eau. De cette cuisson, on retirait un produit noirâtre, à l’odeur ambrée et balsamique, le labdanum.
Ce labdanum aura été très tôt employé en parfumerie, comme onguent ayant pour vertu d’embellir le corps, mais également en pharmacie. C’est ce que les Égyptiens et les Carthaginois, par exemple, lui réservaient comme usages.

Par la suite, bien qu’on ait reconnu au ciste des qualités astringentes et hémostatiques, topique idéal sur brûlure, plaie et ulcère (Dioscoride, Matthiole), il a été abandonné comme matière médicale, étant réservé à l’exclusif usage de la parfumerie.

Au XIXe siècle, Cazin mentionne un ciste comme hémostatique, mais il s’agit d’un hélianthème. Début XXe, Leclerc ne l’aborde pas ; dans les années 40, Fournier nous apprend qu’il n’était plus employé en médecine depuis longtemps. Après lui, même Valnet n’en dit pas un mot. Le retour en grâce du ciste dans la sphère médicinale n’est donc pas très ancien.

Il y a déjà 25 siècles, Théophraste désignait la plante par le mot grec kistos qui signifie tout simplement boîte, capsule.


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