Huile essentielle de Cannelle de Ceylan

Dénomination latine :

  • Cinnamomum zeylanicum

Famille botanique :

  • Lauraceae

Organe producteur :

  • Ecorce, feuilles, fleur, racine

Propriétés :

  • Anti-infectieuse, antibactérienne à très large spectre et à action très puissante (98 % des bactéries pathogènes BG+ et BG-)
  • Anti-infectieuse intestinale et urinaire (anti colibacillaire)
  • Antivirale
  • Antiparasitaire (poux, lentes)
  • Antiseptique
  • Puissante tonique
    • Stimulante gastro-intestinale (↓ les flatulences, ↓ la constipation par ↑ du péristaltisme
    • Stimulante générale, excitante, euphorisante
    • Fortifiante musculaire, hyperthermisante (excitante et réchauffante, utilisée par les sportifs)
    • Aphrodisiaque par stimulation cortico-surrénale, euphorisante
  • Hyperémiante
  • Anesthésiante
  • Anticoagulante légère, fluidifiante
  • Anti-oxydante par stimulation des enzymes anti-oxydantes
  • Répulsive vis-à-vis des insectes
  • Anti fermentaire intestinale
  • Inhibe la croissance des bactéries Escherichia coli, Salmonella Typhimurium, Staphylococcus aureus, Listeria monocytogenes, Helicobacter pylori
  • Antifongique vis-à-vis de Candida albicans même sur Candida spp. résistants au fluconazole, Aspergillus, activité sur Trichosporon ovoides, agent d’une mycose du cuir chevelu
  • Anti-inflammatoire
  • Le cinnamaldéhyde est sédatif du système nerveux central et stimulant cardiaque et respiratoire

Indications :

  • Troubles gastro-intestinaux, flatulence, ballonnement, diarrhée, tourista
  • Infections :
    • Urinaires : colibacilloses +++
    • Génitales : leucorrhées, vaginites
    • Intestinales : gastro-entérites et colites infectieuses, amibiases
    • Bronchiques et ORL, angines et pharyngites
    • Pyorrhées alvéolo-dentaires, aphtes (quantité réduite)
    • Infections tropicales
  • Impuissances fonctionnelles masculines
  • Asthénies, dépressions

Précautions d’emploi :

  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 12 ans
  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans l’eau du bain
  • Pas d’inhalation humide
  • Interactions médicamenteuses avec les huiles essentielles de giroflier et les citrus
  • Ne pas avaler (toxicité gastro-intestinale, risque de gastralgie per os)
  • Interdite chez les animaux
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Ne pas associer avec la cortisone, risque d’interaction médicamenteuse
  • L’huile essentielle est susceptible de provoquer des arythmies
  • Dermocaustique à l’état pur, dilution requise

Composants principaux majoritaires :

  • Aldéhydes 65 % : cinnamaldéhyde
  • Monoterpènes 10 % 

Un peu d’histoire :

Décrite depuis très longtemps, en Chine tout d’abord (elle figure en bonne place dans le Pen t’sao, le premier compendium de matière médicale de la MTC, il y a plus de 20 siècles), la cannelle est mentionnée dans la Bible qui parle de « kinnamon ». Le Nouveau testament cite la cannelle comme étant plus précieuse que l’or…

La Rome antique en a utilisé une grande quantité… Pour l’histoire, rappelons que l’empereur Néron qui avait assassiné sa femme au cours de l’un de ses accès de colère furieuse, fit brûler ses réserves annuelles de cannelle à l’occasion des funérailles… en signe de remords, sans doute !

C’est le Portugal qui longtemps en a détenu le monopole commercial en Europe, dès 1505. Puis, ce furent les Hollandais, vers 1658.

Enfin, nous ne pouvons pas ne pas mentionner la célèbre citation de G. Capus et D. Dubois : « Il n’y a pas d’ordonnance de médecin chinois sans cannelle » !

Les Egyptiens se servaient de la cannelle de Ceylan comme produit d’embaumement, pour la confection de parfums et en onguent pour ses effets antiseptiques. Les Grecs connaissaient la cannelle de Chine mentionnée dans les anciennes pharmacopées chinoises. Très prisée comme aromate, cette dernière arriva en Occident par l’intermédiaire des Arabes, comme beaucoup d’autres épices. Elle atteignit alors des prix très élevés et son marché fut longtemps dominé par les Portugais et les Hollandais.

À la fin du XVIIIe siècle, les Hollandais puis les Anglais, devenus maîtres de Ceylan, développèrent la culture intensive du cannelier. En médecine traditionnelle, la cannelle est réputée stimuler l’appétit et soulager les problèmes digestifs.

La pharmacopée chinoise actuelle recommande une autre espèce, le cannelier de Chine dans l’impotence, la frigidité et la sensation de froid.

Valnet (XXe siècle) rappelle que la cannelle entre dans la composition de vin aphrodisiaque, de la liqueur « parfait amour » et de l’élixir de Garrus. Il considère l’huile essentielle comme stimulante cardiaque, circulatoire, respiratoire et digestive, antiseptique et vermifuge et la recommande dans la fatigue, la syncope, l’impuissance, les affections hivernales et les parasitoses intestinales.

Depuis le XVIIIe siècle, on l’emploie en dentisterie : un coton imbibé d’huile essentielle est introduit dans les dents creuses pour calmer la douleur et dévitaliser le nerf. On l’applique aussi en massage des gencives contre les douleurs dentaires. Elle est aussi réputée efficace contre les poux, la gale et les bactéries.

La cannelle, bien que fort connue, semble détenir en elle le mystère de ses origines. Elle est inscrite en lettres de feu dans le bencao de Shen- Nung, soit le document le plus ancien de la médecine traditionnelle chinoise portant entre autres sur les plantes.

Daté du XXVIIe siècle av. J.C., c’est la plus ancienne trace écrite mentionnant la cannelle que, selon toutes apparences, les Chinois connaissaient déjà fort bien à l’époque. En Chine ancienne, on considérait la cannelle comme un fortifiant, matière susceptible de régénérer l’énergie vitale, c’est-à-dire le Qi…

De par ses propriétés toniques incontestables, les Chinois pensaient que la cannelle était capable de faire accéder l’homme à l’immortalité.

En effet, il était d’usage de préparer un vin de cannelle dont une seule goutte donnait à tout le corps la pure couleur de l’or, matière incorruptible et symbole d’immortalité pour les Chinois. Yang, la cannelle ? Peut-être bien.

On a longtemps pensé que la casse (la cannelle de Chine) et la cinnamome (la cannelle de Ceylan) étaient cueillies au même endroit, vers l’Orient, près du nid du Phénix. Celui-ci étant l’oiseau de l’aurore, on a rangé les canneliers au nombre des arbres solaires. Cependant, sur d’anciennes broderies chinoises « figurent la lune avec un lièvre qui broie des herbes médicinales dans un mortier, sous un arbre de casse » (Angelo de Gubernatis, La mythologie des plantes, Tome 2, p. 50). La cannelle serait donc également yin. Lorsqu’on ramasse l’écorce du cannelier, ne dit-on pas qu’on « enlève la mère » ? Ceci dit, ce lièvre est parfois appelé lièvre de jade, une matière minérale qui fait encore référence à l’immortalité selon les Chinois.

Bien plus tard, on retrouve la cannelle en Égypte. Présente lors des cérémonies mortuaires, c’est tout naturellement qu’elle prend place aux côtés de la myrrhe, afin d’en embaumer les cadavres. La cannelle, incorruptible, était une manne tombée des cieux pour les Égyptiens, eux qui redoutaient tant la déliquescence charnelle et la corruptibilité du corps.

On trouve aussi quelques traces de son emploi du côté des Grecs antiques. Plante dédiée à Zeus, elle entrait dans la composition de remèdes contre les morsures ; déjà, les Grecs surent remarquer et tirer avantage des propriétés antiseptiques et cicatrisantes de la cannelle. On la rencontre dans la Bible, au sein du Cantiques des cantiques, ce qui n’a en soi rien d’étonnant, compte tenu de ses propriétés aphrodisiaques.

Les médecins arabes du Moyen-Âge l’utilisèrent comme condiment et drogue médicinale, cela valût à la cannelle d’être rapportée en Europe occidentale par les croisés, dont certains étaient très friands d’hypocras, ce fameux vin rouge médiéval (parfois blanc) mêlé de miel et d’épices, dont la cannelle, une boisson permettant d’échauffer les forces et que chantera Rabelais, ce que n’ignorait pas Hildegarde de Bingen qui employait la cannelle et dont elle dira qu’elle « est très chaude et possède des propriétés puissantes. »

À la Renaissance, on poursuit l’usage culinaire de la cannelle entamé aux siècles précédents, ainsi que ceux, tout aussi intéressants, thérapeutiques.

Certains apothicaires n’hésitent alors pas à l’utiliser contre la peste, du moins à le prétendre. Dans tous les cas, cela n’a rien de saugrenu puisque la poudre de cannelle est un répulsif contre les puces… Au XVIIe et XVIIIe siècles, la cannelle rencontre tant de succès qu’elle est même utilisée à la cour du roi de France par Louis XIV lui-même. Il avalait, lorsqu’il faisait bombance et avait l’estomac chargé, c’est-à-dire chaque jour, une eau-de-vie dans laquelle on avait fait macérer de la coriandre, du fenouil, de l’aneth et de la cannelle : le rossolis.

Au XIXe siècle, Chamberland dira que les huiles essentielles de cannelle de Ceylan, de cannelle de Chine et d’origan sont très utiles dans la prévention des maladies dites « tropicales ». Ce qui est d’autant plus étonnant, sinon pertinent, c’est que bien avant lui, on avait l’habitude de porter sur soi de petites boîtes remplies d’aromates afin de se préserver du mauvais « air » lié aux maladies contagieuses. On ne sera pas surpris de trouver dans ces boîtes de la cannelle.

Sa réputation s’exalte à travers quantité de préparations médicinales : l’alcoolat de mélisse composé, l’élixir de Garus, la potion de Todd, la potion cordiale du Codex, l’élixir de Fioraventi, le vin de cannelle composé et tant d’autres encore.

La cannelle qu’on trouve en poudre ou en bâton n’est autre que l’écorce du cannelier, un arbre aux feuilles persistantes, coriaces, à grandes nervures marquées, qui pousse dans le sud-est asiatique (Inde, Sri Lanka, Vietnam, Chine). Cet arbre produit des fleurs de couleur crème donnant pas la suite des baies pourpres. Bien que n’ayant pas de qualité thérapeutique, elles ont néanmoins valeur propitiatoire, puisqu’elles représentent « la manne céleste de la jungle, et leur plus ou moins grande abondance amène la prospérité ou la misère dans tout le pays » (Angelo de Gubernatis, La mythologie des plantes, Tome 2, p. 51). Et il ne s’agit pas d’une croyance absurde puisque le cannelier se propage grâce à l’aide des oiseaux qui en mangent les baies et dont ils parsèment les graines ici et là, comme la grive le fait avec le gui.


Une réflexion sur “Huile essentielle de Cannelle de Ceylan

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