La biochimie des huiles essentielles

Les huiles essentielles sont d’une extrême richesse moléculaire, elles contiennent entre 200 et 300 molécules différentes. Le chémotype d’une huile essentielle correspond aux principales molécules qui entrent dans la composition de son profil biochimique.

Ainsi, une goutte d’huile essentielle de Lavande vraie contient 45% d’acétate de linalyle, ce qui lui confère des propriétés relaxante, antispasmodique, décongestionnante, équilibrante du système nerveux.

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ALCOOLS MONOTERPENIQUES (Monoterpénols) : Linalol, menthol, citronellol, géraniol, thuyanol, terpinéol, bornéol, terpinène-4-ol, nérol, etc.

Antibactériens, antifongiques, antidépresseurs en olfaction ou en massage, relais aux phénols (pour le long terme et le chronique), anti-infectieux polyvalents, bactéricides (surtout de manière synergique entre eux ou avec d’autres composés), virucides, antiviraux en association avec les monoterpènes et la molécule 1,8 cinéole. Immunomodulants (ils stimulent les gammaglobulines, mais semblent pouvoir les abaisser lorsqu’elles sont en excès). Toniques généraux et neurotoniques.

Précautions d’emploi :

  • La plupart d’entre eux sont autorisés aux enfants (sauf le menthol qui peut entraîner des spasmes de la glotte du fait de propriétés fortement astringentes).

 

ALCOOLS SESQUITERPENIQUES (Sesquiterpénols) : Carotol, viridiflorol, farnésol, cédrol, bisabolol, patchoulol, santalol, eudesmol, globulol, nérolidol, sclaréol, etc.

Immunomodulants, décongestionnants veineux et lymphatiques, anti-inflammatoires, toniques, stimulants généraux, antimicrobiens faibles mais synergiques avec d’autres substances à activité antimicrobienne (ce sont le plus souvent des composés agissant sur le terrain de l’individu), œstrogène-like.

Précautions d’emploi :

  • Prudence dans les pathologies hormono-dépendantes

 

OXYDES : 1,8 cinéole, ascaridole, etc.

  • Antiviraux, antibactériens, immunomodulants, expectorants, décongestionnants broncho-pulmonaires, harmonisants du système nerveux. L’oxyde monoterpénique (1,8-cinéole) possède une action broncho-pulmonaire, mucolytique, expectorante et anti-infectieuse. Les propriétés des autres oxydes sont spécifiques en fonction de leur formule biochimique propre. L’oxyde de sclaréol (diterpénol) est œstrogène-like (sauges), l’oxyde de bisabolol A et B (sesquiterpénol)  est anti-inflammatoire (matricaire), l’oxyde de béta-caryophyllène (sesquiterpène) est anti-inflammatoire (pin maritime), l’ascaridole (peroxyde monoterpénique) est toxique.

Précautions d’emploi :

  • Spécifiques à chaque molécule, prudence chez les asthmatiques et les épileptiques

 

HYDROCARBURES MONOTERPENIQUES (Monoterpènes) : Alpha-pinène, limonène, gamma-terpinène, delta-3-carène, béta-pinène, etc.

  • Cortisone-like, lymphotoniques, stimulants cortico-surrénaliens, expectorants et mucolytiques, oxygénateurs. Cliniquement, on remarque un effet cortico-stimulant. On note une activité de chimio-prévention vis-à-vis des cancers (d-limonène, alcool périllique, géraniol). Les monoterpènes protègent contre la phase d’initiation des carcinogènes et sont détoxifiants des cancérogènes par action sur le métabolisme du mévalonate et sur les enzymes de phase I et II de détoxication, ils inhibent la croissance cellulaire cancéreuse et accélèrent la mort cellulaire programmée des cellules tumorales. Activité du limonène et de l’alcool périllique contre les cancers du pancréas et du sein, antiviraux. De nombreux dérivés sont anti-inflammatoires, souvent antalgiques. Le paracymène est antalgique par voie percutanée. Leurs dérivés oxygénés sont antibactériens. Vulnéraires, ils améliorent la pénétration des drogues par voie cutanée et sont également des antiseptiques atmosphériques. Stimulation de certains métabolismes microbiens. Eupnéiques, ils facilitent l’expectoration. Ce sont des adjuvants dans les cancers.

Précautions d’emploi :

  • Dermocaustiques, révulsifs par voie cutanée
  • Le limonène s’oxyde facilement
  • Photosensibilisants
  • Prudence en cas d’insuffisance rénale per os (néphrotoxiques)

 

HYDROCARBURES SESQUITERPENIQUES (Sesquiterpènes) : Humulène, chamazulène, zingiberène, azulène, etc.

  • Anti-inflammatoires, décongestionnants nerveux et lymphatiques, antiallergiques
  • Propriétés anticancéreuses de très nombreux dérivés
  • Une fois et demie plus fort que les monoterpènes
  • Antispasmodiques
  • Œstrogènes-like

Précautions d’emploi :

  • Ne pas mélanger avec des H.E contenant des cétones
  • Prudence dans les pathologies hormono-dépendantes

 

PHENOLS : Thymol, carvacrol, eugénol, etc.

  • Antibactériens, antiparasitaires, antifongiques, antiviraux, immunostimulants, toniques et stimulants généraux, excitants et hypertenseurs à forte dose, puissamment anti-infectieux, bactéricides, virucides, parasiticides.

Précautions d’emploi :

  • Caustiques, (dermo, cutanéo-muqueux et hépato-toxiques)
  • Prudence en cas de gastrite et d’ulcère per os
  • Pas plus de 10 jours d’utilisation
  • Contre-indiqués chez la femme enceinte ou allaitante et chez l’enfant de moins de 7 ans
  • Taux de dilution à 20% maximum
  • Risque d’œsophagite ou de gastrite per os
  • La métabolisation hépatique peut provoquer une hépatotoxicité au long cours ou à fortes doses, il convient de toujours les diluer et de les associer avec d’autres H.E bien tolérées, afin de les « couper » et de diminuer leur proportion dans le mélange final

 

ALDEHYDES AROMATIQUES : Cinnamaldéhyde, benzaldéhyde, etc.

  • Anti-infectieux, antibactériens, antiviraux, antifongiques.

Précautions d’emploi :

  • Caustiques (dermo, cutanéo-muqueux et hépato-toxiques)
  • Prudence en cas de gastrite et d’ulcère per os
  • Plus caustiques que les phénols
  • Contre-indiqués avec la cannelle et les citrus
  • Déconseillés aux enfants de moins de 10 ans
  • Taux de dilution conseillés à 20% maximum
  • Toxicité gastro-intestinale, risque de gastralgies per os

 

ALDEHYDES TERPENIQUES : Citronellal, géranial, néral, etc.

  • Anti-inflammatoires, antalgiques, calmants du système nerveux, sédatifs nerveux, antifongiques, antiviraux, odeur citronnée, hypotenseurs, stomachiques, eupeptiques, anticancéreux (voir citrals, citronnellal), antiseptiques aériens, anti-infectieux.

Précautions d’emploi :

  • Irritants, allergisants
  • Ne pas appliquer pur sur la peau et les muqueuses
  • Taux de dilution conseillés à 50% maximum

 

ESTERS : Acétate de bornyle, acétate de géranyle, acétate de linalyle, acétate de menthyle, acétate de néryle, salicylate de méthyle, etc.

  • Antispasmodiques, calmants, antalgiques, hypotenseurs, antidouleurs, cardiorégulateurs, tropisme vers le système nerveux. Le salicylate de méthyle est anti-inflammatoire. L’acétate de linalyle est sédatif, anti-inflammatoire et spasmolytique.

Précautions d’emploi :

  • Anticoagulants
  • Prudence aux possibles allergies aux salicylés
  • Les H.E contenant des esters sont souvent orientées vers le système nerveux central ou végétatif

 

ETHERS : Trans-anéthole, méthyl-chavicol, méthyl-eugénol, etc.

  • Antiviraux, antispasmodiques, antalgiques, bronchodilatateurs, galactogènes, antiallergiques, rééquilibrant nerveux.
  • Activité sur le système nerveux périphérique : spasmolytique.
  • Activité sur le système nerveux central : sédatif, calmant.
  • Parfois antidépresseurs.

Précautions d’emploi :

  • Hépatotoxiques per os
  • Irritants cutanés
  • Neurotoxiques à forte dose
  • Contre-indiqués dans les pathologies hormono-dépendantes

 

CETONES : Carvone, menthone, verbénone, camphre, thuyone, etc.

  • Cholérétiques et cholagogues (aide le foie à produire de la bile), mucolytiques, lipolytiques, cicatrisants, équilibrants endocrinien, calmants à faible dose, anti-inflammatoires, parfois antiviraux, décongestionnants bronchiques.

Précautions d’emploi :

  • Neurotoxiques
  • Stupéfiants
  • Abortifs
  • Ne pas diffuser
  • Epileptisants
  • Prudence chez les personnes présentant une sclérose en plaque, les épileptiques, les personnes âgées ou les personnes atteintes de Parkinson
  • Prohibés aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux personnes neuro-sensibles
  • Interdits en usage interne

 

LACTONES : Alantolactone, artémisinine, etc.

  • Cholérétiques et cholagogues, mucolytiques, antifongiques, antiparasitaires, hépato-stimulants, décongestionnants bronchiques.

Précautions d’emploi :

  • Neurotoxiques
  • Abortifs
  • Photosensibilisants
  • Plus puissants que les cétones

 

COUMARINES : Angélicine, ombelliférone, herniarine, impératorine, scopolétol, psoralène, bergaptène, etc.

  • Sédatifs, hypnotiques, anticonvulsifs, hypotenseurs, hépato-stimulants, stimulants de la protéolyse des macrophages, stimulants du drainage lymphatique, anticancéreux, anti-métastatiques sur cancer de la prostate, mélanomes et cancer du rein.
  • À la différence de ses dérivés synthétiques (comme la coumadine), la coumarine elle-même n’a pas d’activité anticoagulante. De nombreux dérivés naturels sont antiagrégants plaquettaires (xanthoxylétine, subérosine, auraptène, poncitrine).
  • Certains dérivés sont antifongiques.
  • Après ingestion, la coumarine est absorbée dans le tube digestif, métabolisée dans le foie (hydroxylation en 7-hydroxycoumarine), excrétée par voie rénale dans les 24 heures.
  • Demi-vie dans l’organisme humain : une heure.
  • Traitement adjuvant du lymphœdème post-mastectomie, en complément des méthodes de contention.

Précautions d’emploi :

  • Peut provoquer des hépatites aiguës cytolytiques à forte dose
  • Photosensibilisants
  • L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a indiqué que la majorité de la population humaine possède une voie métabolique majeure de la coumarine (voie 7-hydroxycoumarine). Du fait d’un polymorphisme génétique de la capacité de la voie 7-hydroxycoumarine chez les humains, le groupe scientifique a établi une dose journalière tolérable de 0 à 0,1 mg de coumarine / kg de poids corporel

 

PHTALIDES : 3-n-butylphtalide, z-ligustilide, sédanolide, etc.

  • Stimulants hépato-pancréatiques, drainants et détoxifiants hépatique, drainants émonctoriel, anti-inflammatoires, antihypertenseurs.

Précaution d’emploi :

  • Pas d’effet indésirable connu
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