Histoire et Aromathérapie

L’Aromathérapie est une branche de la phytothérapie. Elle est l’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques. Le terme « Aromathérapie » fut créé en 1928 par un parfumeur-chimiste français du nom de René-Maurice Gattefossé. En 1910, il se brûla grièvement les mains, lors d’une explosion dans son laboratoire. Il est alors soigné selon les moyens de la médecine contemporaine et fut rapidement atteint de gangrène gazeuse, alors, en dernier recours, retirant ses bandages, il appliqua sur ses plaies infectées de l’huile essentielle de lavande. Les résultats furent stupéfiants ;  il nota un soulagement immédiat ainsi qu’une parfaite guérison. Dès lors, il consacra une partie de ses recherches à l’étude des huiles essentielles.

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René-Maurice Gattefossé (1881 – 1950) est considéré comme un des pères fondateurs de l’aromathérapie contemporaine. Chercheur fécond et compilateur minutieux, il est également l’inventeur du mot      « aromathérapie ».

Ingénieur chimiste de formation, il a dirigé les Établissements Gattefossé pendant la première moitié du XXᵉ siècle. Délaissant progressivement la parfumerie, son métier d’origine, il a réorienté l’entreprise vers les secteurs de la dermatologie et de la cosmétologie. La recherche touchant l’aromathérapie a été menée parallèlement à ses activités industrielles.

Croyant profondément en la Science, au Progrès et à la Modernité, René-Maurice Gattefossé s’est aussi passionné pour ce qu’il appelait les « techniques oubliées » : les traditions « archi-millénaires », les para-sciences. Son ambition, tout au long de sa vie, a été de parvenir à concilier ces deux pôles. Branche de la médecine qui consiste à traiter les maladies par les huiles essentielles, l’aromathérapie n’a pas été « inventée » ex-nihilo par René-Maurice Gattefossé – on sait par exemple que les Égyptiens de l’Antiquité usaient déjà des « arômes végétaux » pour se soigner. Mais Gattefossé, en étudiant, avec quelques scientifiques de son époque, les propriétés thérapeutiques des huiles essentielles, a contribué au renouveau de la discipline. C’est d’ailleurs à lui qu’on doit l’invention du mot « aromathérapie », qui se décline aujourd’hui dans toutes les langues.

Les essences naturelles produites par les plantes aromatiques et médicinales sont des substances complexes volatiles, résultant de divers processus biochimiques. Elles dépendent :

  • Des espèces végétales
  • Des facteurs environnementaux
  • De la radiation solaire

En soumettant la plante aromatique à une distillation par vapeur d’eau, on obtient une huile essentielle que l’on appelle l’essence distillée. La distillation est une méthode d’extraction permettant la concentration et la récupération des principes actifs d’une plante aromatique et médicinale sous forme d’huile essentielle grâce au processus de sublimation, qui consiste à volatiliser un corps solide et le condenser en corps liquide à l’aide d’un alambic.

La pharmacopée française va définir en 1965 les huiles essentielles comme étant des « produits de compositions complexes contenant des principes actifs volatils de végétaux, plus ou moins modifiés durant leur obtention. »

Les essences se trouvent dans tout le règne végétal, quelques familles botaniques comme les Lamiaceae, les Apiaceae, les Pinaceae, les Rutaceae ou encore les Myrtaceae renferment la majorité des huiles essentielles utilisées. Etant composées de nombreuses substances volatiles élaborées par un groupe de cellules spécialisées de la plante (vaisseaux sécrétoires, glandes superficielles et poils glandulaires) s’accumulant généralement aux glandes sécrétoires, ces substances peuvent se trouver dans un ou divers organes végétaux tels que les fleurs,  les graines, les fruits,  les feuilles, les tiges ou encore les racines.

Les huiles essentielles sont un mélange de constituants divers structurés de carbone, d’hydrogène et d’oxygène. Leur composition chimique est assez hétérogène, formée de nombreux composés dont la majorité étant de nature terpénique. Ce sont des substances légères et non grasses ; généralement liquides à température ambiante et qui possèdent une densité habituellement inférieure à celle de l’eau. Etant lipophiles, c’est-à-dire, solubles dans un composé lipidique ou un corps gras (huiles végétales ou graisses), elles sont également solubles dans l’alcool ou les solvants organiques. De plus, les huiles essentielles sont hydrophobes, c’est-à-dire, non miscibles dans l’eau ; mais peuvent s’y maintenir en suspension durant un court instant.

Les plantes qui en contiennent naturellement  s’utilisent beaucoup en herboristerie culinaire. Celles appartenant à ce groupe sont généralement utilisées comme anti-infectieuses intestinales, stomachiques, stimulantes hépato-biliaire, diurétiques, expectorantes, antiparasitaires et anti-inflammatoires.

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Bien que le terme « Aromathérapie » soit apparu au début du XX siècle pour définir l’utilisation des huiles essentielles dans diverses pathologies, ses origines remontent à la civilisation égyptienne. Si l’on retrouve avec scepticisme les traces de méthodes de distillation ou d’extraction en Chine ou en Inde datant de plusieurs millénaires, en Égypte Antique des écrits ont pu prouver que leur utilisation a été mise à profit pour l’ hygiène quotidienne des égyptiens et l’embaumement ainsi que la conservation des momies avec la cannelle, le nard, la myrrhe et l’encens.

En Grèce Antique, les écrits de Dioscoride font référence à l’utilisation d’extraits aromatiques et les Romains les utilisèrent aussi sous forme d’onguents gras.

Ce n’est que bien plus tard, vers 1000 ans av. J.-C., que les Perses auraient inventé la technique de la distillation. Les huiles essentielles séduisent également les Grecs et les Romains. Le médecin grec Galien et bien d’autres de ses contemporains s’intéressent ainsi à leurs propriétés médicinales.

On attribue également à la civilisation arabo-persane l’invention, au xe siècle, de l’alambic, suite au perfectionnement que les arabes apportèrent à une méthode de distillation jusqu’ici incertaine. Avicenne, au XIᵉ siècle de notre ère, obtint la première huile essentielle pure de rose grâce à la cornue réfrigérante qu’il mit au point.

Au XVIᵉ siècle, Paracelse, alchimiste et médecin suisse, décrit la théorie des signatures qui fournit des indications précises dans le choix des remèdes. Les huiles essentielles voient leur popularité croître et les propriétés de plus d’une centaine d’entre elles sont alors connues. De nombreuses préparations contiennent d’ailleurs des plantes aromatiques, comme l’eau de mélisse toujours utilisée de nos jours.

Avec l’avènement de la civilisation industrielle, les huiles essentielles tombent toutefois en désuétude jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle au profit de la chimie de synthèse. Vers 1880, cette même chimie initie le retour en grâce des huiles essentielles, en permettant l’isolement de leurs composés chimiques et l’étude de leur activité thérapeutique.

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L’alambic

Les huiles essentielles ont par ailleurs joué un rôle historique important sur le front de nombreuses guerres, et ce jusqu’à la seconde guerre mondiale. En effet, les chirurgiens militaires qui opéraient les blessés dans des conditions difficiles et en zones défavorisées, utilisaient un alambic en guise de trousse de secours et prévenaient les risques de surinfection des plaies ainsi que traitaient de nombreuses maladies infectieuses et parasitaires à l’aide des essences distillées. Le chirurgien-militaire Jean Valnet, ayant exercé à Tonkin lors de la seconde guerre mondiale, en a fait l’expérience.

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Jean Valnet (1920 – 1995) est un médecin et chirurgien militaire français, qui a été l’un des artisans du développement de ce qu’on a pu appeler la branche française de l’aromathérapie, rebaptisée phyto-aromathérapie. Il est aussi le créateur de la marque de produits d’aromathérapie « Docteur Valnet ».

Si René Maurice Gattefossé, ingénieur chimiste, est indubitablement à l’origine du nom comme du principe de l’aromathérapie, ses recherches ont été reprises, développées, systématisées et commercialisées après la seconde guerre mondiale par le docteur Jean Valnet. L’apport de Jean Valnet est sans conteste la diffusion des connaissances et de l’enseignement de la phytothérapie et l’aromathérapie.
Dès 1948, il expose le résultat de ses travaux sur la phytothérapie et l’aromathérapie dans de nombreuses publications médicales et divers ouvrages devenus célèbres. Grâce à son travail inlassable de « défense et d’illustration » de la phytothérapie et de l’aromathérapie, il fut un acteur du renouveau d’intérêt du public et de certains médecins pour ces thérapeutiques.

Entre 1971 et 1981, le Docteur Valnet fonda des organisations destinées à enrichir les recherches scientifiques et à enseigner ce savoir aux praticiens. Il rédigea de nombreux ouvrages sur le sujet afin de faire connaître au grand public l’aromathérapie. Il créa ses propres compositions aromatiques et démultiplia les études sur les propriétés anti-infectieuses et antibiotiques des huiles essentielles. Ce qui donna naissance au terme de « aromatogramme » pour désigner l’action antibiotique d’une huile essentielle, terme inventé par le docteur Maurice Girault en 1971.

Après une évolution progressive de la recherche, l’aromathérapie moderne a atteint sa maturité en 1980,  l’époque à laquelle les biochimistes ont isolé les principes actifs des molécules. Les Docteurs Daniel Pénoël et Pierre Franchomme, quant à eux, introduisirent les notions d’aromathérapie scientifique et de chémotype (type chimique) qui permirent dès lors de rapprocher les propriétés thérapeutiques des huiles essentielles des molécules les composant.

Le docteur Pierre Franchomme, avec la notion de chémotype contribua à améliorer l’identification des principes actifs dans les extraits utilisés. A partir de ce moment-là, la science a redoublé d’investigations dans la phytologie.

À la fin du xxe siècle, au même titre que l’ensemble de la pharmacognosie, l’aromathérapie bénéficia de l’avancée des méthodes d’analyses, en particulier de la chromatographie. La distinction précise des composés aromatiques permit à la médecine de mieux appréhender leurs mécanismes d’action, et d’affiner leur prescription.

Aujourd’hui, l’engouement pour l’aromathérapie moderne est en progression constante, profitant tout à la fois de la percée des médecines naturelles et de l’inquiétude du public envers l’allopathie.


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